L’ancienne ministre de la Femme et de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien, ni toute responsabilité dans le un présumé détournement de 115 millions FCFA destinés à l’achat de carburant au profit de personnes déplacées internes.
L’ancienne ministre a comparu comparu jeudi devant le Pôle économique et financier dans le cadre du procès dit « Yé Yaké Camille », un dossier connexe à celui d’Amidou Tiegnan, une procédure qui vise plusieurs prévenus poursuivis pour détournement de deniers publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Les faits reprochés concernent des fonds publics qui auraient été utilisés à des fins personnelles alors qu’ils étaient destinés aux actions humanitaires.
À la barre, l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien a catégoriquement nié toute implication. Elle soutient qu’elle se trouvait hors du pays au moment où son nom a été cité dans le dossier principal impliquant Amidou Tiegnan. « Je ne suis mêlée à aucun détournement », a-t-elle insisté, rejetant les accusations relatives à un marché de carburant conclu par entente directe.
Selon l’accusation, le marché litigieux, d’un montant global de 115 millions FCFA, aurait été attribué avec l’appui des directeurs de l’administration et des finances (DAF) successifs du ministère.
Appelé à la barre après une suspension d’audience, l’ex-DAF Billy Zongo, poursuivi pour complicité de détournement, a également plaidé non coupable. Il affirme avoir agi sur instruction de la ministre, notamment pour constituer un dossier après qu’une fournisseuse présumée, Mme Bamba, eut soumis une offre de services. Un premier contrat d’environ 40 millions FCFA aurait été exécuté sans incident, avant l’attribution d’un second marché de 115 millions FCFA.
Billy Zongo assure n’avoir reçu ni bons de carburant d’une valeur de 40 millions FCFA, ni numéraire équivalent. Il indique avoir quitté le ministère dans un climat de tension avec sa hiérarchie et affirme que l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) n’a relevé aucune irrégularité à son encontre lors d’un audit en 2017.
Le procureur a toutefois dénoncé un « cafouillage » dans la gestion du marché, rappelant que les règles de passation des marchés publics imposent une exécution conforme : paiement suivi de livraison, sans négociation ultérieure.
Le second DAF, Billa Pasco, en fonction à partir de mars 2017, a lui aussi plaidé non coupable. Il reconnaît avoir réceptionné 10 millions FCFA avec décharge, justifiant cette démarche par des difficultés d’approvisionnement. Il admet cependant que la récupération par la ministre du reliquat des fonds « n’était pas normale », tout en affirmant ne pas avoir perçu d’anomalie à l’époque.
Les débats se poursuivent devant le tribunal, qui devra établir les responsabilités dans la gestion de ces fonds destinés aux populations vulnérables.
Ho/Sf/APA







