La création prochaine d’un Haut Conseil des scientifiques et des chercheurs, ainsi que d’une Agence nationale d’archéologie, tous deux rattachés à la Présidence de la République, traduit la volonté des autorités algériennes de faire de la connaissance, de l’innovation et du patrimoine des leviers stratégiques de développement et de souveraineté.
L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la structuration de sa politique de recherche et de valorisation du patrimoine. Les autorités ont annoncé la création de deux nouvelles institutions placées sous l’autorité directe de la Présidence de la République : le Haut Conseil des scientifiques et des chercheurs, et l’Agence nationale d’archéologie.
Cette double initiative s’inscrit dans la stratégie du président Abdelmadjid Tebboune visant à renforcer le rôle du savoir, de l’innovation et de la recherche scientifique dans la transformation économique du pays.
Le futur Haut Conseil des scientifiques et des chercheurs sera chargé d’apporter une expertise de haut niveau aux décideurs publics et de contribuer à l’élaboration des politiques nationales dans des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les transitions énergétiques, la sécurité alimentaire et les technologies émergentes.
Selon les orientations annoncées, cette instance réunira des chercheurs et experts algériens de renommée internationale, y compris issus de la diaspora. L’objectif est de renforcer les liens entre les compétences nationales établies à l’étranger et les besoins de développement du pays, tout en intégrant davantage l’expertise scientifique aux mécanismes de décision publique.
Au-delà de sa dimension académique, ce conseil s’inscrit dans une logique économique. Les autorités entendent faire de la recherche et de l’innovation des moteurs de création de valeur, capables d’accompagner la diversification de l’économie et la modernisation de l’appareil productif national. Dans cette perspective, la science est présentée comme un facteur de compétitivité et un outil de souveraineté.
Parallèlement, la création de l’Agence nationale d’archéologie vise à renforcer la protection et la valorisation du patrimoine historique algérien. Son rattachement à la Présidence souligne l’importance accordée à la préservation de l’identité culturelle nationale.
L’Algérie possède l’un des patrimoines archéologiques les plus riches d’Afrique et du bassin méditerranéen. Des sites préhistoriques du Tassili n’Ajjer aux vestiges romains de Timgad, Djemila et Tipasa, en passant par les monuments de l’époque islamique, le pays dispose d’un héritage historique dont la valorisation constitue un enjeu scientifique, culturel et touristique majeur.
La future agence aura pour mission non seulement la conservation de ce patrimoine, mais aussi le développement de programmes de recherche, de documentation, de protection juridique et de promotion culturelle. Les autorités souhaitent également renforcer les coopérations internationales dans les domaines de l’archéologie et des sciences du patrimoine.
À travers ces deux institutions, Alger entend conjuguer innovation et mémoire, recherche scientifique et identité nationale. Une orientation qui reflète la volonté des pouvoirs publics de placer la connaissance et le patrimoine au cœur de la stratégie de développement et du rayonnement du pays.
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