Les systèmes alimentaires subissent une pression immense à l’échelle mondiale, l’Afrique étant fortement touchée par les chocs climatiques, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et la montée des conflits, a déclaré Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.
S’exprimant lors du Forum africain sur les systèmes alimentaires qui se tient à Dakar, au Sénégal, le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete a déclaré que la hausse des coûts des denrées alimentaires et des intrants a laissé des millions de personnes sous-alimentées, même dans des pays autrefois relativement stables.
« Notre continent abrite plus de 60% des terres arables non cultivées de la planète et d’abondantes ressources en eau. Pourtant, nous avons importé des denrées alimentaires pour une valeur allant jusqu’à 115 milliards de dollars en 2024 », a déclaré M. Gatete dans un communiqué publié mardi.
Il a ajouté que l’Afrique abrite la population la plus jeune du monde, est dotée de l’énergie et des idées nécessaires pour impulser la transformation, mais que trop de jeunes restent au chômage.
Selon le Secrétaire exécutif, le changement climatique menace l’Afrique plus que toute autre région du monde, même si le continent contribue à moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, aggravant ainsi la faim sur le continent.
« Comment est-il possible qu’un continent qui devrait être le grenier du monde soit incapable de nourrir sa propre population ? » s’est-il interrogé.
Après plus d’une décennie de mise en œuvre du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), l’Afrique a connu un renforcement des institutions, une meilleure harmonisation des politiques et une croissance agricole. Pourtant, les progrès sont insuffisants, la faim continuant de progresser.
M. Gatete a salué l’adoption récente de la stratégie et du plan d’action du PDDAA (2026-2035) visant à accroître la production agroalimentaire de 45% et à réduire les pertes après récolte de 50% d’ici fin 2035.
La déclaration vise également à porter la part des aliments transformés localement à 35% du PIB agroalimentaire au cours de la même période.
Le financement est donc crucial, l’ère de l’aide abondante étant révolue, a déclaré le secrétaire exécutif, soulignant que les gouvernements africains doivent s’engager à renforcer la responsabilisation, à mobiliser les ressources nationales et les investissements privés pour réduire l’énorme facture des importations
alimentaires et à réduire les flux financiers illicites.
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