L’Égypte a engagé une évaluation approfondie des répercussions potentielles du phénomène climatique El Niño sur les débits du Nil, principal fournisseur d’eau du pays, a annoncé mercredi le ministère des Ressources hydriques et de l’Irrigation. Cette décision intervient au lendemain d’une alerte de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui estime à 80% la probabilité de voir ce phénomène se développer entre juin et août 2026.
Réuni sous la présidence du ministre Hani Sewilam, le Comité permanent de régulation des débits du Nil a examiné la situation hydrologique du fleuve, les volumes d’eau arrivant au réservoir du Haut Barrage d’Assouan ainsi que les modalités de gestion des réserves disponibles.
Selon le ministère, les autorités s’appuient sur des modèles mathématiques, des images satellitaires et des études scientifiques récentes afin d’anticiper les éventuelles répercussions des évolutions climatiques mondiales sur les ressources hydriques du pays.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue après les avertissements de l’OMM. L’organisation onusienne a indiqué qu’un épisode El Niño pourrait accentuer les phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale.
Sa secrétaire générale, Celeste Saulo, a appelé les États à se préparer à un événement potentiellement marqué par des sécheresses plus sévères, des précipitations intenses et des vagues de chaleur plus fréquentes.
Face à ces incertitudes, le ministère égyptien a ordonné le renforcement des opérations de maintenance des infrastructures hydrauliques. Les mesures annoncées comprennent notamment le nettoyage continu des canaux, la vérification de l’état de préparation des stations de pompage d’urgence et le maintien de niveaux d’eau adaptés aux besoins de l’alimentation en eau potable et de la production électrique.
La question revêt une importance particulière pour l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend largement du Nil. Les autorités cherchent à sécuriser les besoins de la période estivale, traditionnellement marquée par une hausse de la demande dans les secteurs domestique, agricole et industriel. Le ministère a indiqué que la gestion récente des ressources avait permis de répondre aux besoins du pays durant les congés de l’Aïd Al-Adha.
Cette vigilance opérationnelle s’inscrit également dans une stratégie plus large de sécurité hydrique. Lors de récentes rencontres internationales en Asie, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a qualifié la sécurité de l’eau de « défi existentiel » pour l’Égypte. Il a rappelé que la stratégie nationale repose sur la rationalisation de la consommation, le développement du traitement et de la réutilisation des eaux usées ainsi que la modernisation des systèmes d’irrigation afin de renforcer la résilience du pays face aux évolutions climatiques.
MK/AK/Sf/APA





