L’état-major général des armées maliennes a donné jusqu’au 6 septembre aux militaires en « situation irrégulière » opérant au sein de groupes armés pour regagner leurs unités, faute de quoi leur absence sera assimilée à une désertion.
Dans un communiqué publié vendredi 28 août, le chef d’état-major général des armées invite les militaires concernés à rejoindre leurs unités avant l’ouverture d’éventuelles procédures disciplinaires ou judiciaires.
L’instruction vise les militaires servant dans des groupes armés « se revendiquant d’une proximité avec l’État », précise le communiqué, sans identifier les organisations concernées ni préciser leur nombre.
Les intéressés disposent d’un délai allant jusqu’au dimanche 6 septembre pour regagner leurs unités. L’état-major affirme avoir pris des « dispositions nécessaires » afin de faciliter leur retour et leur réintégration.
« Toute absence constatée au-delà de cette date sera considérée comme une désertion », avertit le communiqué, sans détailler les sanctions ou les modalités des éventuelles poursuites.
L’ordre concerne également les « groupuscules dissidents » constitués au sein de ces formations. Leurs membres sont invités à regagner leurs groupes d’origine. Quant aux organisations qualifiées d’« illégales » et à leurs éléments dissidents, ils feront l’objet d’un traitement conformément à la réglementation en vigueur.
Une clarification de la chaîne de commandement
L’emploi de la formule « se revendiquant d’une proximité avec l’État » ne constitue pas une reconnaissance officielle par Bamako du statut ou de l’affiliation de ces groupes aux forces régulières.
Le communiqué révèle néanmoins l’existence de militaires maliens opérant au sein de formations armées situées en dehors de leur chaîne habituelle de commandement. L’état-major cherche ainsi à rappeler l’obligation pour les militaires en activité de servir au sein de leurs unités officielles.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par la recomposition des groupes armés au Mali depuis le début de la crise sécuritaire en 2012. Le pays compte notamment d’anciens mouvements signataires du processus de paix, des organisations communautaires d’autodéfense et diverses factions issues de divisions internes.
Le processus de désarmement se poursuit
En parallèle, les autorités maliennes poursuivent un programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDRI), présenté comme un processus national après la dénonciation, en janvier 2024, de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement en août, 1 760 ex-combattants ont été désarmés et démobilisés dans les régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni et Ménaka.
Après vérification de leur éligibilité et une formation militaire organisée entre février et août 2026, 1 617 d’entre eux ont intégré les Forces armées maliennes au grade de soldat de deuxième classe, soit plus de 80 % de l’objectif de 2 000 intégrations fixé par les autorités.
Le programme prévoit également la réinsertion socio-économique de 1 000 anciens combattants, notamment ceux déclarés inaptes au service militaire.
Les autorités n’ont toutefois établi aucun lien public entre ce dispositif et l’ultimatum annoncé vendredi. La mesure vise spécifiquement des militaires appartenant déjà aux forces nationales, mais se trouvant en « situation irrégulière » du fait de leur présence dans des groupes armés.
L’annonce intervient quatre mois après les attaques coordonnées du 25 avril contre Bamako, Kati et plusieurs localités du Centre et du Nord du pays. Revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ces opérations avaient mis à rude épreuve le dispositif sécuritaire malien.
L’état-major n’a pas précisé s’il publierait, après le 6 septembre, le nombre de militaires ayant regagné leurs unités. Un tel bilan permettrait de mesurer l’ampleur du phénomène et l’effet de l’ordre de réintégration.
MD/te/APA







