Une audience tenue le lundi 20 avril 2026 à Bamako entre la FAO et la Banque africaine de développement (BAD) intervient dans un pays confronté à des difficultés alimentaires persistantes. Derrière cet échange, se dessinent les enjeux liés aux intrants agricoles, à la malnutrition et aux choix de transformation du secteur.
À Bamako, le représentant pays de la Banque africaine de développement (BAD), Cédric Achille Mbeng Mezui, a reçu le représentant par intérim de la FAO, Dominique Koffy Kouacou, pour échanger sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que sur les besoins en intrants agricoles. Cette audience intervient dans un contexte où les indicateurs restent préoccupants. Les dernières analyses disponibles estiment que plus de 1,12 million d’enfants de 6 à 59 mois et près de 91 000 femmes enceintes ou allaitantes pourraient être affectés par la malnutrition aiguë sur la période 2025-2026. Dans certaines zones du nord et du centre, les conditions alimentaires demeurent instables, avec des ménages confrontés à des difficultés d’accès régulier à la nourriture. À Ménaka, les projections font état d’un risque de dégradation vers des niveaux d’urgence alimentaire.
Dans le même temps, les contraintes liées aux intrants agricoles pèsent sur les perspectives de production. Les prix internationaux des engrais ont connu une hausse marquée, avec une progression d’environ 46 % du prix de l’urée entre février et mars 2026. Pour un pays dépendant des importations, cette évolution affecte directement les coûts de production et la capacité des exploitants à maintenir les rendements. Cette pression sur les intrants pèse sur les rendements attendus et complique la préparation des prochaines campagnes dans un pays déjà exposé aux chocs climatiques et sécuritaires.
Les échanges ont également porté sur le renforcement des synergies entre les deux institutions, avec un accent sur les opportunités de développement des agropoles. Ces projets visent à structurer les filières, améliorer la transformation locale et renforcer la valeur ajoutée, dans un pays où l’agriculture reste un pilier économique et social. Présentés comme un outil de transformation des filières, ces projets s’inscrivent dans une stratégie déjà portée par la Banque africaine de développement dans plusieurs pays africains.
La BAD soutient déjà plusieurs initiatives liées à la sécurité alimentaire et à la production agricole, tandis que la FAO intervient sur les appuis techniques et les dispositifs de résilience. Cette approche conjointe traduit une volonté de mieux articuler financement et accompagnement des producteurs.
Pour les autorités maliennes, l’enjeu reste de répondre aux besoins immédiats tout en renforçant les capacités de production dans la durée. Dans un environnement marqué par la volatilité des marchés et la dépendance aux conditions climatiques, la question agricole s’impose comme un facteur déterminant de stabilité économique et sociale.
MD/Sf/APA







