La Cour d’appel de Bamako a rendu, ce vendredi 27 mars 2026, son verdict dans le procès dit « Paramount-Embraer »: 20 ans de prison ferme contre les cinq accusés, Cette affaire, portant sur des contrats militaires conclus en 2015, impliquait plusieurs responsables civils et militaires.
Aboutissement du procès ouvert le 22 décembre 2025 devant la chambre criminelle spécialisée du Mali, à l’issue des débats en appel, cinq accusés — dont l’ancien Premier ministre Boubou Cissé — ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle. Sont également concernés Tiéman Hubert Coulibaly, Mamadou Igor Diarra, Babaly Bah et Mamadou Lamine Diakité. Ils ont été reconnus coupables de faux et usage de faux, corruption, atteinte aux biens publics et blanchiment de capitaux.
Par ailleurs, quatre autres prévenus, parmi lesquels l’ancien ministre Tiéna Coulibaly et trois officiers généraux, ont écopé de peines de sept ans de prison. De son côté, la colonel-major Aminata Doho a été condamnée à un an d’emprisonnement assorti d’une amende de cinq millions de francs CFA pour blanchiment de capitaux.
En revanche, sept accusés ont été acquittés, dont le général Mahamane Touré et le colonel-major Nouhoum Dabitao.
Le dossier portait sur deux marchés publics signés en 2015 entre l’État malien et les sociétés Paramount Group et Embraer. Ces contrats prévoyaient l’acquisition de 36 blindés pour un montant de 11 milliards de francs CFA, ainsi que de six avions Super Tucano pour 7,5 milliards de francs CFA. Toutefois, les équipements n’ont jamais été livrés. Le préjudice global, incluant les montants engagés et les dommages réclamés par l’État, est estimé à plus de 33 milliards de francs CFA.
Lors de l’ouverture du procès, plusieurs accusés civils majeurs étaient absents du territoire. Boubou Cissé, Mamadou Igor Diarra, Tiéman Hubert Coulibaly et Babaly Bah faisaient en effet l’objet de mandats d’arrêt internationaux. La juridiction a refusé qu’ils soient représentés par leurs avocats en leur absence.
La procédure s’est déroulée sur près de trois mois, avec l’ouverture des audiences le 22 décembre 2025, le réquisitoire du ministère public le 26 janvier 2026 — qui avait requis des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité — puis plusieurs renvois du délibéré, successivement au 6 février et au 23 mars, avant le verdict final rendu le 27 mars.
Au moment des faits, les principaux accusés occupaient des fonctions stratégiques au sein de l’appareil d’État. Boubou Cissé et Mamadou Igor Diarra étaient successivement ministres de l’Économie et des Finances, tandis que Tiéman Hubert Coulibaly dirigeait le ministère de la Défense. Babaly Bah était à la tête de la Banque malienne de solidarité.
Du côté militaire, plusieurs hauts responsables étaient également mis en cause, notamment le chef d’état-major général des armées, le chef d’état-major de l’armée de l’air, ainsi que des responsables en charge du matériel, des finances et de l’approvisionnement au sein du ministère de la Défense.
Le procès s’est appuyé sur l’examen de documents contractuels, de pièces comptables et financières, ainsi que sur les plaidoiries de la défense et les réquisitions du ministère public. Au total, près de trois mois d’audience ont été nécessaires pour aboutir à cette décision.
MD/te/Sf/APA







