Quelque 1 453 camions-citernes ont approvisionné le Mali entre le 24 et le 30 août. Le volume annoncé dépasse de plus du double celui enregistré au cours d’une semaine de juin, sur des axes commerciaux toujours exposés aux risques sécuritaires.
Le Mali a enregistré 66,38 millions de litres de produits pétroliers entre le 24 et le 30 août 2026, selon les chiffres présentés jeudi lors de la 32ᵉ réunion de suivi de l’approvisionnement national en hydrocarbures.
Présidée à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, la rencontre a réuni les services de l’État, les importateurs, les transporteurs et les distributeurs du secteur pétrolier.
Au total, 1 453 camions-citernes ont été mobilisés pendant la semaine considérée. Les autorités présentent ces arrivées comme un moyen de maintenir la disponibilité du gasoil et du super carburant sur le territoire.
Le volume communiqué marque une nette accélération. Du 15 au 21 juin, 655 citernes avaient acheminé 29,85 millions de litres. Entre le 3 et le 16 août, les autorités avaient recensé 66,57 millions de litres transportés par 1 430 citernes, soit pratiquement la quantité enregistrée durant la seule semaine du 24 au 30 août.
Ces données portent sur les quantités déclarées comme approvisionnées. Le bilan du 30 août ne précise pas leur répartition entre le super carburant, le gasoil, le carburant aviation et les autres produits, ni les volumes dirigés vers chaque région.
En 2024, le Mali avait importé 2,665 milliards de litres de produits pétroliers, contre 2,622 milliards en 2023, soit une progression de 1,66 %. Le pays avait également importé 15 838 tonnes de gaz butane.
Des circuits d’approvisionnement vulnérables
Pays enclavé, le Mali reste tributaire des corridors routiers reliant son territoire aux ports des pays côtiers. Cette dépendance avait pris une dimension critique à partir de septembre 2025, lorsque le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) avait annoncé un blocus des importations de carburant.
Des convois avaient été attaqués et plusieurs dizaines de citernes détruites. Les pénuries qui avaient suivi avaient provoqué de longues files d’attente dans les stations-service, perturbé les transports et conduit les autorités à suspendre temporairement les cours dans les établissements scolaires et universitaires.
Depuis, le gouvernement a instauré un suivi hebdomadaire des arrivées, renforcé la sécurisation des convois et engagé une diversification des corridors. Un protocole conclu avec les principaux importateurs en novembre 2025 vise également à accélérer l’acheminement et le déchargement des produits pétroliers.
En avril 2026, les autorités ont adopté des textes instituant un stock national de sécurité destiné à couvrir 45 jours de consommation de super carburant, de gasoil, de carburant Jet A1 et de gaz butane. Le volume effectivement constitué dans cette réserve n’a pas été rendu public.
Les 66,38 millions de litres recensés fin août témoignent donc d’un niveau élevé d’arrivées durant la période observée. Les autorités n’ont toutefois communiqué ni la durée de consommation couverte par les stocks disponibles ni la situation détaillée des stations-service dans les différentes régions.
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