Le renforcement des peines liées à l’évitement du service militaire, adopté par le Parlement égyptien, traduit une volonté accrue de coercition étatique, tempérée par des exemptions ciblées à forte portée symbolique.
La commission mixte de la défense et de la sécurité nationale de la Chambre des représentants égyptienne a approuvé, dimanche, un projet d’amendement modifiant la loi sur le service militaire, a rapporté le site Parlamany. Le texte, soumis par le gouvernement, prévoit un durcissement significatif des sanctions financières et pénales à l’encontre des citoyens se soustrayant à leurs obligations militaires, dans un contexte marqué par une centralité persistante de l’institution militaire dans la vie politique et sociale du pays.
Selon les nouvelles dispositions, tout citoyen âgé de plus de 30 ans ayant échappé au recrutement s’expose désormais à une peine de prison assortie d’une amende comprise entre 20 000 et 100 000 livres égyptiennes, contre un plafond de 10 000 livres auparavant. Le relèvement brutal des montants vise explicitement à renforcer l’effet dissuasif de la législation, dans un pays où les contraintes économiques rendent ces sanctions particulièrement lourdes pour une large partie de la population.
Le texte durcit également le régime applicable aux réservistes. Les citoyens appelés à servir dans la réserve et ne se présentant pas sans motif valable encourront désormais une amende allant de 10 000 à 20 000 livres égyptiennes, contre un maximum de 3 000 livres dans le cadre légal précédent. Cette extension du champ répressif renforce la capacité de l’État à mobiliser, à tout moment, des effectifs militaires ou assimilés.
Ces amendements traduisent un choix politique clair : privilégier l’outil pénal pour garantir le respect des obligations militaires, sans débat public notable sur l’attractivité du service, ses conditions ou son adéquation avec les réalités socio-économiques actuelles. La réforme intervient alors que le service militaire reste, pour de nombreux jeunes Égyptiens, une contrainte lourde aux effets durables sur l’insertion professionnelle.
Le projet de loi introduit toutefois un volet présenté comme social et réparateur. Le député Mohamed Radi, secrétaire de la commission, a indiqué que les fils et frères des personnes tuées ou blessées lors d’opérations terroristes bénéficieront désormais d’une exemption définitive du service militaire. Les proches des personnes disparues à la suite d’actes terroristes sont également concernés par cette mesure, alignant leur statut sur celui des familles de victimes de guerre.
Cette disposition, saluée par les promoteurs du texte comme une reconnaissance des « sacrifices de la nation », confère à la réforme une dimension mémorielle et politique forte. Elle n’atténue cependant pas les critiques sur l’équilibre général du dispositif, qui repose principalement sur un durcissement répressif plutôt que sur une réforme structurelle du modèle de conscription.
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