Malgré le départ des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), la Cédéao réaffirme son engagement à mettre en œuvre sa stratégie de lutte contre les groupes jihadistes, y compris l’activation de sa Force en attente.
Dans un communiqué publié jeudi, la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a condamné « avec la plus grande fermeté » l’attaque terroriste perpétrée le 17 avril dernier au nord du Bénin, qui a causé la mort de 54 soldats et fait plusieurs blessés.
« Cet acte barbare et lâche vise une fois de plus à semer la terreur et à déstabiliser nos États membres », a souligné Omar Alieu Touray, président de la commission, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes et au peuple béninois.
Le gouvernement de Patrice Talon a annoncé mercredi 54 décès dans les rangs de l’armée suite à cette attaque jihadiste qui a frappé le nord du Bénin, frontalier avec le Niger et le Burkina Faso, deux pays également confrontés au phénomène terroriste et à une instabilité institutionnelle permanente. Cette attaque est l’une des plus sanglantes enregistrées par Cotonou dans la lutte contre les islamistes venus de ces deux pays. L’assaut a été revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM en arabe), affilié à Al-Qaïda, qui a évoqué un bilan de 70 militaires béninois tués.
Malgré les moyens importants engagés dans le cadre de l’opération Mirador, le Bénin a été pris de court cette fois dans ses positions. Cependant, la Cédéao a exprimé son soutien ferme aux autorités béninoises « dans leurs efforts résolus » pour lutter contre le terrorisme et garantir la sécurité de leurs citoyens et de leur territoire.
« Face à la persistance et à la complexité de la menace terroriste dans notre région, cet incident tragique souligne de manière criante l’impérieuse nécessité d’une coopération renforcée entre tous les États membres, notamment ceux qui partagent des frontières communes et sont directement confrontés à ce fléau », a ajouté l’organisation régionale, insistant sur l’importance de mutualiser les efforts.
Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a regretté un déficit de coopération, sans nommer les pays concernés, avec les autorités du Niger et du Burkina Faso, deux Etats sahéliens dirigés par des juntes militaires. « Les points où ces attaques du 17 avril sont intervenus sont sur la ligne frontière, vous pouvez comprendre que si, de l’autre côté de la frontière, il y avait un dispositif au moins comme le nôtre, ces attaques ne se dérouleraient pas de cette façon ou ne se produiraient même pas », a-t-il souligné, tout en notant que les forces armées béninoises sont plus déterminées que jamais à combattre les groupes terroristes.
La Cédéao, aujourd’hui privée du soutien du Mali, du Burkina Faso et du Niger, affirme se tenir « résolument aux côtés des États de la région dans la mise en œuvre de sa stratégie régionale de lutte contre le terrorisme, y compris l’opérationnalisation de sa Force en attente ». L’organisation appelle également tous ses partenaires à soutenir les efforts régionaux et nationaux visant à éradiquer ce fléau.
ODL/te/APA







