L’Algérie maintient les bilans sécuritaires hebdomadaires, mais des fragilités subsistent dans sa stratégie de lutte antiterroriste.
En dépit des annonces régulières, la stratégie antiterroriste du régime algérien continue de susciter des critiques, notamment sur la passivité perçue d’Alger face à la présence durable de groupes armés dans son Sud et dans la bande sahélo-saharienne, zone où l’Algérie revendique pourtant un rôle de « pivot sécuritaire ».
Un terroriste s’est rendu aux autorités militaires algériennes à In Guezzam et huit individus présentés comme des soutiens logistiques aux groupes armés ont été interpellés dans plusieurs régions du pays, selon le bilan hebdomadaire publié mercredi par l’Armée nationale populaire (ANP).
L’ANP indique que le terroriste, identifié comme « T. Sid Ahmed », alias « Mohamed », s’est présenté aux autorités avec un fusil Simonov et des munitions. Aucune information n’a été fournie sur son parcours, son groupe d’appartenance ou les conditions de sa reddition. Les huit personnes arrêtées pour « soutien aux groupes terroristes » n’ont pas davantage été identifiées, un manque de transparence régulièrement dénoncé par les observateurs.
La communication militaire reste centrée sur la valorisation des saisies – stupéfiants, carburant, matériel d’orpaillage ou équipements de contrebande –, avec 61 narcotrafiquants interpellés, plus de trois quintaux de cannabis annoncés comme provenant « des frontières avec le Maroc », ainsi que deux kilos de cocaïne et plus de 412 000 comprimés psychotropes.
Ces chiffres, diffusés chaque semaine, ne renseignent toutefois pas suffisamment sur l’évolution des réseaux terroristes ni sur les capacités opérationnelles des groupes présents aux confins du Niger, du Mali et de la Libye.
Dans le Grand Sud, les détachements de l’ANP ont également arrêté plus de 660 personnes, saisi des centaines de groupes électrogènes et de marteaux piqueurs utilisés dans l’orpaillage illicite, signe de l’emprise croissante des économies informelles et des trafics dans des zones où l’État peine à exercer un contrôle effectif. Les forces navales ont de leur côté intercepté 165 migrants sur les côtes et arrêté 380 autres à l’intérieur du territoire.
Pour de nombreux analystes, la multiplication de ces bilans hebdomadaires masque difficilement les limites de la posture sécuritaire algérienne. Alors que les groupes armés continuent de circuler entre les frontières poreuses du Sahel, Alger, pourtant première puissance militaire du Maghreb, résiste toujours à une coopération opérationnelle structurée avec les pays voisins.
Cette prudence, considérée comme une inertie stratégique par plusieurs partenaires étrangers, affaiblit la capacité du pays à peser réellement sur les dynamiques sécuritaires sahéliennes.
Les autorités algériennes assurent que les opérations menées « reflètent le professionnalisme et la vigilance permanents » de l’ANP. Mais l’absence d’initiatives fortes sur la scène régionale, combinée à une communication essentiellement comptable, alimente les doutes sur l’efficacité réelle de la lutte antiterroriste dans un espace sahélo-saharien en recomposition rapide.
MK/AK/Sf/APA







