À l’intersection du renseignement électromagnétique et des technologies orbitales, Rabat et Washington franchissent un nouveau cap stratégique en termes de coopération spatiale.
Le Maroc et les États-Unis ont intégré, pour la première fois, une dimension spatiale à l’exercice militaire African Lion 2025, marquant une avancée significative dans leur coopération bilatérale. Cette initiative a été confirmée par des sources militaires marocaines et américaines.
Le 13 mai, dans une zone sécurisée près d’Agadir, des unités des Forces armées royales (FAR) ont pris part à une session opérationnelle avancée aux côtés de membres des Forces spatiales des États-Unis (USSF). L’exercice, placé sous la supervision du Commandement américain pour l’Afrique (Africom) et coordonné avec la Southern European Task Force – Africa (SETAF-AF), s’est concentré sur l’exploitation du système mobile NITE OWL LITE.
Ce dispositif tactique de géolocalisation, spécialisé dans le renseignement électromagnétique, permet de détecter et localiser des émissions radio, même dans des environnements hostiles ou difficilement accessibles. Les équipes mixtes ont mené des opérations de capture de signaux, d’analyse spectrale et de cartographie en temps réel, selon une source militaire américaine.
« Cette coopération inaugure un niveau inédit de coordination technique, bien au-delà des standards traditionnels d’interopérabilité », confie cette même source sous anonymat.
Pour l’occasion, les FAR ont déployé des unités spécialisées dans le renseignement électromagnétique et les transmissions stratégiques, illustrant leur volonté de renforcer l’autonomie du Royaume dans les domaines de l’analyse avancée et du renseignement technologique.
Exercice militaire le plus important du continent africain, « African Lion » rassemble chaque année plusieurs milliers de soldats issus de nations partenaires. Il couvre un large éventail d’opérations : terrestres, aériennes, navales, cybernétiques, et désormais, spatiales.
Cette évolution témoigne d’un tournant doctrinal majeur, pour les forces armées partenaires qui s’adaptent aux exigences des conflits contemporains où le renseignement orbital et la maîtrise de la géolocalisation deviennent des atouts cruciaux pour la conduite d’opérations de haute intensité.
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