À l’approche du renouvellement des conseils départementaux et municipaux, le Conseil sénégalais des femmes (COSEF) veut renforcer les mécanismes de veille destinés à assurer l’application effective de la parité entre les femmes et les hommes dans le processus électoral.
Le Conseil sénégalais des femmes (COSEF) a réuni, jeudi à Dakar, une cinquantaine de participants à un atelier de mise à niveau consacré au processus électoral et aux mécanismes de suivi du respect de la parité, en partenariat avec la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES).
La rencontre intervient dans un contexte marqué par l’arrivée à terme des mandats des conseillers départementaux et municipaux installés en janvier 2022. Pour le COSEF, la prochaine échéance électorale impose d’anticiper les différentes étapes du processus afin de mieux prévenir les éventuels manquements aux règles de parité.
« L’objectif est de permettre aux membres du Comité de suivi et aux points focaux de mieux maîtriser les règles qui encadrent le processus électoral, afin d’être en mesure d’assurer une veille efficace », explique Fanta Coulibaly, membre du bureau national du COSEF.
Selon elle, le suivi de la parité ne doit pas se limiter à la période de campagne ou au jour du scrutin. Il doit intervenir dès les premières opérations préparatoires, notamment lors de la constitution, du dépôt et du contrôle des listes de candidature.
Maîtriser les règles pour mieux contrôler
Adoptée le 28 mai 2010, la loi n°2010-11 institue la parité absolue entre les femmes et les hommes dans les institutions totalement ou partiellement électives. Elle prévoit notamment l’alternance entre les sexes sur les listes de candidature.
Ce dispositif a été complété par le décret n°2011-819 du 16 juin 2011 qui précise les modalités d’application de la parité.
Pour le COSEF, la connaissance de ces dispositions constitue un préalable à une veille efficace. Les participants à l’atelier sont ainsi appelés à approfondir leurs connaissances sur le cycle électoral, le fichier électoral, les procédures de candidature, le dépôt et le contrôle des listes, le déroulement du scrutin ainsi que le contentieux électoral.
« Il est important que les acteurs de la veille sachent identifier les éventuelles irrégularités, mais également qu’ils connaissent les mécanismes permettant de les documenter, de donner l’alerte et, lorsque cela est nécessaire, d’engager les démarches appropriées », souligne Fanta Coulibaly.
Cette démarche vise notamment à anticiper les difficultés susceptibles de se poser dans l’application des textes et à améliorer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans le processus électoral.
Une vigilance qui doit couvrir toute la chaîne électorale
L’atelier porte également sur les rôles et responsabilités des différentes structures intervenant dans le processus électoral.
Les autorités administratives, la Direction générale des élections (DGE), la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), la Commission électorale nationale autonome (CENA), les juridictions compétentes, les partis politiques, les candidats, les organisations de la société civile, les médias et l’Observatoire national de la Parité (ONP) sont concernés à différents niveaux.
Pour le COSEF, une meilleure compréhension de ces responsabilités doit permettre au Comité de suivi d’intervenir de manière plus structurée et plus rapide lorsqu’une difficulté relative à la parité est constatée.
L’organisation entend ainsi renforcer un dispositif reposant sur plusieurs leviers : contrôle, alerte, documentation, saisine et plaidoyer.
Cette approche intervient alors que la représentation des femmes dans les institutions locales demeure au cœur des débats sur la participation politique féminine au Sénégal.
La loi sur la parité a permis d’accroître la présence des femmes dans les assemblées électives. Toutefois, leur accès aux postes de décision au sein des exécutifs locaux constitue encore un autre niveau de la problématique.
Au-delà des listes, l’enjeu de l’accès aux responsabilités
Pour les acteurs engagés dans la promotion de la parité, la question ne se résume donc pas au nombre de femmes présentes sur les listes ou élues au terme du scrutin.
Elle concerne également leur positionnement dans les organes où sont prises les décisions et leur capacité à exercer pleinement les responsabilités liées aux mandats obtenus.
Dans cette perspective, le dispositif de veille du COSEF entend accompagner l’ensemble du processus électoral, depuis les opérations préparatoires jusqu’au scrutin et au contentieux éventuel.
« Notre responsabilité est aussi d’être dans l’anticipation, parce que la veille ne peut être efficace que si elle commence avant que les problèmes ne se posent », estime Fanta Coulibaly.
L’atelier de Dakar doit ainsi permettre aux membres du Comité de suivi, aux points focaux régionaux et aux partenaires du COSEF de disposer d’une compréhension commune des textes et des procédures.
À travers cette initiative, le Conseil sénégalais des femmes entend contribuer à une meilleure application de la législation sur la parité et à une participation plus équitable des femmes aux instances de gouvernance locale.
À l’approche du prochain renouvellement des conseils départementaux et municipaux, le message du COSEF est ainsi de privilégier l’anticipation et la veille de terrain, afin que le principe de parité puisse être suivi à chacune des étapes du processus électoral.
TE/Sf/APA





