Le Fonds de développement et de reconstruction de la Libye et le ministère égyptien de l’Électricité ont signé mercredi à Benghazi un mémorandum d’entente sur le réseau et les énergies renouvelables, selon l’agence LANA.
Un mémorandum d’entente a été signé entre la Libye et l’Egypte, lors de la visite à Benghazi du ministre égyptien de l’Électricité et des Énergies renouvelables, Mahmoud Esmat, reçu par le directeur général du Fonds, Belgassem Haftar. Les discussions ont porté sur le renforcement du réseau et de son efficacité face à l’expansion urbaine et aux projets en cours dans plusieurs villes, ainsi que sur la coopération dans les renouvelables.
Le besoin est pressant. Des manifestations avaient éclaté en juillet à Tripoli contre la crise de l’électricité et la dégradation du niveau de vie. Coupures récurrentes, pertes techniques élevées et vétusté des centrales pèsent sur les ménages comme sur l’activité. Dans un pays qui dispose des plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, l’incapacité à fournir un courant fiable est devenue un marqueur politique.
L’accord s’inscrit dans l’effort de reconstruction mené depuis l’Est. Belgassem Haftar avait déjà discuté fin août avec des interlocuteurs qataris d’investissements dans la reconstruction. Le Fonds s’impose comme l’interlocuteur des partenaires étrangers dans cette partie du territoire. Cela pose la question de l’articulation avec les institutions basées à Tripoli, dans un pays toujours divisé entre deux exécutifs.
Pour l’Égypte, l’intérêt est double. La Libye est l’un de ses premiers débouchés africains, et le savoir-faire des entreprises égyptiennes d’ingénierie électrique s’exporte vers un marché voisin solvable. Mais Le Caire gère ses propres contraintes : la production gazière domestique a reculé d’environ 37 % entre 2023 et 2026, imposant des importations de GNL plus coûteuses. Son offre repose donc davantage sur l’expertise et les renouvelables que sur l’exportation d’énergie. L’Égypte vise 45 % de renouvelables dans son mix d’ici fin 2028.
Un mémorandum d’entente n’engage ni montants ni calendrier. Sa portée réelle se jugera aux contrats d’exécution et à leur financement.
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