Le leader de l’opposition mozambicaine, Venancio Mondlane, a été officiellement inculpé mardi par le bureau du procureur général pour incitation au terrorisme, dans un climat politique toujours tendu depuis les élections contestées d’octobre dernier.
Venancio Mondlane, principal opposant au président Daniel Chapo, fait face à cinq chefs d’accusation, dont apologie publique d’un crime, incitation à la désobéissance collective et incitation publique au crime. Il rejette en bloc ces accusations, affirmant qu’il est poursuivi pour avoir « dénoncé la fraude électorale et résisté à un régime autoritaire ».
Depuis les scrutins, Mondlane et ses partisans contestent la victoire de Chapo, dénonçant l’absence de transparence. Le Conseil constitutionnel a refusé d’ordonner un recomptage et a modifié les résultats sans justification officielle, alimentant les tensions et les violences postélectorales.
Connu pour ses prises de position virulentes contre le parti au pouvoir, le Frelimo, Mondlane a mobilisé les rues, en appelant à une réforme politique en profondeur. Son discours trouve un écho croissant auprès des jeunes et des travailleurs précaires, désabusés face à la corruption et aux inégalités.
Malgré deux rencontres avec le président Chapo en mars et mai pour tenter de désamorcer la crise, les engagements pris – libération de manifestants, soins aux blessés, compensation des victimes, reconnaissance de son futur parti – n’ont pas été respectés selon Mondlane, qui accuse le chef de l’État d’avoir « trahi le dialogue en maintenant une rhétorique agressive ».
Cette inculpation risque d’exacerber encore davantage les tensions dans un pays où la scène politique reste polarisée.
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