Un expert indépendant de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme à Genève sur la situation au Mali, dénonçant une dégradation continue caractérisée par une dérive autoritaire et de graves violations des droits humains.
Devant le Conseil des droits de l’homme, Eduardo Gonzalez, expert sur les droits humains au Mali, a décrit une « dangereuse spirale d’autoritarisme » dans un contexte de crise politique, sécuritaire, humanitaire et des droits humains.
Selon lui, cette détérioration ne résulte pas uniquement du terrorisme ou de facteurs externes, mais aussi de décisions politiques internes. Il cite notamment la dissolution de partis politiques, l’abrogation du statut de l’opposition et la prolongation du mandat du président de la transition, des mesures qui restreignent l’espace politique et affaiblissent les libertés.
L’expert souligne un effet « systémique » : réduction des contre-pouvoirs, criminalisation des voix critiques et rétrécissement de l’espace civique. Parallèlement, il observe une hausse des violations des droits humains dans un climat d’impunité, comprenant exécutions sommaires, disparitions forcées, violences sexuelles et frappes de drones ayant causé des victimes civiles.
Ces abus sont imputés aux groupes armés, aux forces de défense et de sécurité maliennes, à leurs partenaires étrangers et à certaines milices communautaires. Dans ce contexte, les populations civiles restent particulièrement vulnérables, avec une augmentation des déplacements internes et des fermetures d’écoles.
L’expert met en garde contre une approche uniquement sécuritaire de cette crise multidimensionnelle, estimant que le recours accru à des partenaires militaires étrangers et à des milices locales pourrait exacerber les tensions et alimenter la radicalisation.
Il plaide pour une réponse globale : restaurer un espace politique ouvert, renforcer l’État de droit et lutter contre l’impunité. Selon lui, justice, dialogue et respect des droits humains sont indispensables pour une sortie de crise durable.
Le gouvernement malien rejette ces conclusions, les qualifiant d’infondées et biaisées. Bamako défend ses décisions, y compris la dissolution des partis politiques, présentée comme nécessaire à la refondation du paysage politique, tout en réaffirmant son engagement à respecter ses obligations internationales.
Le Mali traverse depuis plusieurs années une crise sécuritaire liée aux groupes armés, aggravée par des transitions politiques successives et des tensions sur le respect des libertés publiques.
DM/te/Sf/APA






