Réunie mardi en session officielle sous la présidence de Aqila Saleh, la Chambre des représentants de Libye a validé à l’unanimité le budget soumis par la Haute Commission électorale nationale (HNEC). Cette approbation intervient dans un contexte politique et institutionnel marqué par des divergences persistantes entre les principaux organes de l’État libyen quant à la gouvernance du processus électoral.
Lors de cette séance, les députés ont également adopté une série de décisions visant à approfondir l’examen de la situation financière du pays. La Chambre a ainsi décidé de convoquer le gouverneur de la Banque centrale de Libye, son adjoint et les membres de son conseil d’administration, de même que des représentants du gouvernement parallèle et de la Compagnie nationale de pétrole. L’objectif affiché est de débattre de la crise de liquidités et de l’état général des finances publiques, alors que les tensions budgétaires continuent de peser sur l’économie libyenne.
Sur le plan législatif et administratif, la Chambre des représentants a acté la création de deux comités spécialisés. Le premier sera chargé d’évaluer les conditions de vie des retraités, un dossier sensible dans un pays confronté à l’érosion du pouvoir d’achat. Le second examinera une proposition de modification des lois encadrant l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, sous la supervision du deuxième vice-président de la Chambre, Misbah Douma. Ces initiatives traduisent la volonté affichée du Parlement de réactiver son rôle normatif au-delà des seuls enjeux électoraux.
Au titre des nouvelles affaires, les députés ont par ailleurs approuvé la tenue d’une prochaine session parlementaire dans la ville de Sabha, dans le sud du pays. Cette décision s’inscrit dans une démarche visant à renforcer la présence institutionnelle de la Chambre dans les différentes régions et à suivre de plus près les préoccupations locales, dans un contexte de fragmentation territoriale persistante.
Cette dynamique parlementaire contraste toutefois avec les dissensions institutionnelles. La veille, la Chambre des représentants avait voté en faveur du pourvoi des sièges vacants au sein de la HNEC, tout en renvoyant initialement le budget de la Commission au comité de la planification, des finances et du budget général pour examen. En réaction, le Haut Conseil d’État a dénoncé une démarche « unilatérale », estimant qu’elle souffre de « vices de procédure et de droit ». L’organe consultatif a réaffirmé son attachement à l’accord conclu entre les comités des deux conseils, prévoyant le remplacement intégral du conseil d’administration de la HNEC afin d’en garantir l’indépendance et de restaurer la confiance dans le processus électoral.
MK/ak/ac/APA







