Le président tunisien Kaïs Saïed a reçu jeudi 25 décembre, au palais de Carthage, les présidents des deux chambres parlementaires, Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple, et Imed Derbali, président du Conseil national des régions et des districts. La rencontre a été présentée comme un moment à forte portée politique, destiné à souligner la convergence des institutions constitutionnelles autour des priorités nationales.
Selon la présidence, l’entretien a mis en avant la nécessité d’une action concertée entre les différentes institutions de l’État, chacune agissant dans le respect de ses prérogatives. Le chef de l’État a insisté sur la souveraineté nationale comme principe directeur de l’action publique, rappelant que les choix opérés depuis 2021 procèdent, selon lui, de la volonté populaire.
Dans son discours, Kaïs Saïed a une nouvelle fois invoqué la souveraineté non comme un simple slogan, mais comme une ligne de conduite face aux défis socioéconomiques. Il a appelé à une mobilisation collective pour répondre aux attentes sociales, estimant que l’État devait agir comme un « corps uni », sans rivalités internes ni fragmentation institutionnelle.
Cette vision, régulièrement mise en avant par le président, continue toutefois de susciter des réserves chez ses détracteurs. Pour une partie de la classe politique et de la société civile, l’appel à l’unité masque une concentration accrue du pouvoir exécutif et une marginalisation de la délibération politique, dans un contexte de participation électorale en baisse et de scepticisme croissant vis-à-vis des institutions.
Kaïs Saïed a également réaffirmé sa conviction que la Tunisie dispose de ressources humaines et de compétences suffisantes pour surmonter la crise, plaçant une nouvelle fois la jeunesse au cœur de son projet politique. Une jeunesse souvent citée dans le discours présidentiel, mais dont les attentes restent largement insatisfaites face à la persistance du chômage, de l’inflation et des difficultés d’accès aux services publics.
Le président a insisté sur la nécessité de traduire la volonté populaire en « réalisations concrètes », soulignant que les réformes ne sauraient rester cantonnées aux textes. Là encore, le contraste demeure entre les promesses de transformation et la lenteur de leur mise en œuvre, notamment sur le plan économique et social.
En conclusion, Kaïs Saïed a appelé à rester unis face à ce qu’il a qualifié de tentatives de retour en arrière, visant implicitement ses opposants. Un message de fermeté qui confirme la continuité d’une ligne politique fondée sur la confrontation avec les élites traditionnelles, mais qui laisse en suspens une question centrale : celle de la capacité du système actuel à produire des résultats tangibles pour une population éprouvée par plusieurs années de crise.
MK/AK/Sf/APA






