L’Égypte prévoit un investissement de quatre milliards de dollars pour financer six projets destinés à accroître les capacités de ses raffineries, réduire ses importations de carburants et consolider sa place de centre énergétique régional.
Le gouvernement égyptien prévoit d’investir plus de quatre milliards de dollars, soit environ 3,43 milliards d’euros, dans six projets de développement et d’optimisation des raffineries existantes, a annoncé mardi le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi. Le programme a été présenté lors d’une réunion avec le président Abdel Fattah Al-Sissi et le Premier ministre Mostafa Madbouly, selon un communiqué de la présidence.
Ces investissements doivent permettre d’augmenter la production locale de produits pétroliers, d’améliorer leur valeur ajoutée et de réduire la facture des importations de carburants. Le ministère compte parallèlement accroître les volumes de pétrole brut disponibles pour alimenter les raffineries, dans un contexte marqué par la nécessité de sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur.
Karim Badawi a également détaillé le plan quinquennal consacré à la production de pétrole brut et de gaz naturel. Celui-ci prévoit de nouvelles campagnes d’acquisition de données sismiques, le recours à des technologies d’exploration modernes, l’adaptation des contrats conclus avec les partenaires étrangers et la mise en exploitation de découvertes encore inexploitées. Le gouvernement ambitionne à terme de doubler la production égyptienne de pétrole et de condensats.
Abdel Fattah Al-Sissi a demandé que ces orientations soient traduites en plans d’action assortis d’indicateurs de performance mesurables. Il a également appelé à renforcer les incitations proposées aux compagnies pétrolières, à accélérer le développement des gisements et à lever les obstacles administratifs ou financiers susceptibles de retarder les projets. De nouveaux puits doivent entrer en production d’ici décembre 2026.
Cette stratégie repose notamment sur le règlement progressif des arriérés dus aux partenaires étrangers et sur la régularité des paiements courants. Le groupe italien Eni, dont le PDG Claudio Descalzi a rencontré séparément le président égyptien, affirme avoir déjà investi 8,5 milliards de dollars dans le pays, soit près de 7,29 milliards d’euros. Il prévoit de forer 30 puits d’exploration et 200 puits de développement en 2026 et 2027, principalement en Méditerranée et dans le désert occidental. Les conversions sont calculées d’après le taux de référence du 25 août publié par la Banque centrale européenne.
Le gouvernement mise enfin sur les infrastructures égyptiennes de liquéfaction pour traiter le gaz du champ chypriote Cronos, développé par Eni et TotalEnergies. La réunion a aussi porté sur les réserves stratégiques de produits pétroliers et sur les mesures destinées à préserver la continuité de l’approvisionnement des secteurs productifs et des services.
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