Réunis à Oran, les acteurs du secteur énergétique africain appellent à mieux valoriser les ressources du continent, alors que l’Algérie cherche elle-même à diversifier un modèle encore largement dépendant des hydrocarbures.
Le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (Appo), Farid Ghazali, a appelé à Oran à revoir les partenariats énergétiques du continent afin de privilégier la création de valeur locale, le transfert de technologies et la formation des compétences.
Son intervention, à l’ouverture de la 14e édition du Salon et Conférence africains et méditerranéens de l’énergie et de l’hydrogène (Napec 2026), place la souveraineté énergétique au cœur des débats. Elle intervient toutefois dans un pays qui reste lui-même fortement exposé à la dépendance aux hydrocarbures.
Ghazali a dénoncé implicitement les modèles dans lesquels les pays africains se contentent d’attirer des capitaux étrangers pour exploiter leurs ressources sans développer suffisamment les capacités industrielles locales. Il a plaidé pour des partenariats permettant de conserver davantage de valeur ajoutée en Afrique. Un constat qui résonne particulièrement en Algérie, dont l’économie demeure étroitement liée aux recettes tirées des hydrocarbures, malgré les annonces successives des autorités en faveur de la diversification économique et industrielle.
Le responsable de l’Appo a également défendu une transition énergétique adaptée aux réalités nationales, estimant que les pays africains ne peuvent reproduire mécaniquement des trajectoires conçues pour d’autres économies. Cette position permet à Alger de défendre son recours prolongé au gaz et aux hydrocarbures comme une nécessité liée à ses propres spécificités.
Elle présente toutefois une difficulté : la défense d’une transition «adaptée» ne peut durablement servir de substitut à une stratégie crédible de diversification, particulièrement pour un grand producteur dont les recettes énergétiques restent déterminantes pour les équilibres économiques.
Le discours prononcé à Oran met ainsi en évidence un paradoxe de la politique algérienne. Alger revendique régulièrement un rôle moteur dans la coopération énergétique africaine et entend se présenter comme un fournisseur stratégique de gaz et un partenaire industriel du continent. Pourtant, l’ambition de construire des chaînes de valeur africaines suppose précisément de dépasser la simple logique d’exportation des ressources. Le défi pour l’Algérie consiste donc à démontrer qu’elle peut transformer son avantage gazier et pétrolier en capacités industrielles, technologiques et financières durables, au lieu de prolonger un modèle fondé principalement sur la rente énergétique.
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