La Banque mondiale révèle que seulement 10,5 % des Nigérianes occupent un emploi salarié, mettant en lumière un déséquilibre marqué dans l’accès aux emplois formels et rémunérateurs.
Selon l’édition 2026 du rapport sur les données relatives au genre au Nigéria, le taux de participation des femmes au marché du travail restait élevé, à 80,7 % en 2025. Cependant, la majorité des femmes exercent des emplois informels ou précaires, avec peu de salaires stables. 10,5 % seulement occupaient un emploi salarié. Pour comparaison, le taux d’emploi salarié des hommes était de 17 %, et la moyenne des femmes salariées en Afrique subsaharienne atteignait 16,9 %, contre 54,6 % au niveau mondial.
Le rapport souligne que 79,1 % des femmes actives occupent un emploi précaire, contre 54,8 % des hommes. Une grande partie des femmes travaille dans l’agriculture (23,6 %), secteur moins dominant que pour les hommes (42,7 %). Malgré une participation élevée, la qualité de l’emploi reste un obstacle majeur à l’autonomisation économique des femmes.
Les données sur les jeunes femmes révèlent un taux de chômage de 6,29 % en 2025, inférieur à la moyenne régionale et mondiale, tandis que 13,4 % des jeunes femmes étaient ni scolarisées, ni employées, ni en formation, contre 10,5 % des jeunes hommes, signalant un désavantage précoce sur le marché du travail.
Le rapport met également en évidence des barrières structurelles : au Nigéria, la législation n’accorde aux femmes que 51 % des droits légaux dont bénéficient les hommes, et seulement 49 % des mécanismes de soutien à l’application des lois sur l’égalité des chances sont opérationnels. Selon des experts, les droits des femmes ne sont appliqués qu’à 34 % de leur potentiel. Entre octobre 2023 et octobre 2025, aucune réforme majeure n’a été mise en œuvre pour améliorer les opportunités économiques des femmes.
L’inclusion financière reste inégale : en 2024, 52,2 % des femmes avaient un compte bancaire contre 74,3 % des hommes, et seulement 36,5 % épargnaient via des systèmes formels, contre 50,2 % des hommes. La propriété foncière reste limitée : 88,5 % des femmes ne possédaient pas de terres en 2018, contre 58,9 % des hommes.
Dans le secteur privé, les femmes représentent 37,9 % des cadres supérieurs et intermédiaires en 2024, et seulement 14,3 % des entreprises comptaient des dirigeantes. Leur représentation politique reste faible : 3,91 % des sièges parlementaires et 8,82 % des postes ministériels étaient occupés par des femmes en 2024.
La Banque mondiale conclut que favoriser l’accès des femmes à des emplois de qualité et appliquer plus strictement les lois sur l’égalité des sexes seront essentiels pour stimuler la productivité, réduire la pauvreté et accroître la prospérité partagée au Nigéria.
GIK/fss/te/APA







