L’avocat et ancien ministre Samir Dilo a alerté mardi sur la dégradation alarmante de l’état de santé de l’opposant Jawhar Ben Mbarek, détenu à la prison de Belli, qui poursuit une grève de la faim totale depuis plusieurs jours pour protester contre sa détention jugée arbitraire.
Dans un message publié à sa sortie de la prison, Me Dilo affirme avoir passé plus d’une heure à tenter, en vain, de convaincre son client de s’alimenter. « J’ai échoué face à une détermination froide et tranquille que je ne lui connaissais pas », a-t-il écrit, citant Ben Mbarek : « Je ne leur permettrai pas de me tuer à petit feu. Je préfère mourir debout, mais ils devront assumer le prix de ma mort. »
L’opposant, figure du mouvement « Citoyens contre le coup d’État », a été arrêté en 2023 dans le cadre d’une vague d’interpellations visant plusieurs personnalités critiques du président Kaïs Saïed. Ses proches dénoncent un procès politique et affirment qu’il n’a commis aucun délit.
Me Dilo s’interroge sur « le silence » des autorités face à la dégradation de l’état de santé de son client, qu’il qualifie d’« exécution lente ». « Jamais, même avant la révolution, je n’ai vu un tel degré d’indifférence envers la vie d’un homme », a-t-il ajouté, appelant à une intervention urgente pour sauver le détenu.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont récemment exprimé leurs inquiétudes concernant les conditions de détention des opposants tunisiens et le recours croissant à la justice pour faire taire la dissidence. L’appel de Samir Dilo relance le débat sur la responsabilité des autorités pénitentiaires et judiciaires dans la protection des détenus politiques en Tunisie.
MK/ac/APA







