À l’occasion du 68e anniversaire de la République tunisienne, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Tunis, jeudi 25 juillet, pour dénoncer la dérive autoritaire du président Kaïs Saïed et exiger la libération des prisonniers politiques.
Sous haute surveillance policière, près d’un millier de personnes ont manifesté jeudi 25 juillet à Tunis, à l’appel de plusieurs coalitions de l’opposition, dont le Front de salut national, Attayar, ou encore les restes de la coalition démocratique. Ce rassemblement coïncidait avec la date symbolique de la proclamation de la République en 1957, mais aussi avec le quatrième anniversaire du coup de force institutionnel mené par Kaïs Saïed le 25 juillet 2021.
Depuis cette date, le président tunisien a suspendu le Parlement, révisé unilatéralement la Constitution, renforcé l’exécutif à son profit et initié une vague d’arrestations visant opposants politiques, journalistes et activistes. La rue, longtemps silencieuse, retrouve peu à peu une voix. Les slogans lancés place Mohamed Ali dénonçaient « la dictature », réclamaient « la libération des prisonniers d’opinion » et accusaient le régime de « bafouer la démocratie née de la révolution de 2011 ».
Les forces de sécurité ont maintenu un cordon autour des manifestants. Si la mobilisation reste limitée en nombre, elle révèle un regain d’initiative de l’opposition, qui tente de capitaliser sur le mécontentement croissant face à la crise économique, la flambée des prix et les restrictions croissantes des libertés publiques.
Les organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, continuent de dénoncer un climat de répression politique en Tunisie, pointant notamment l’absence de garanties judiciaires pour les détenus d’opinion.
Alors que Kaïs Saïed s’apprête à briguer un nouveau mandat en 2024, cette manifestation marque un tournant : la défiance populaire commence à s’exprimer plus ouvertement, malgré les menaces et la surveillance.
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