La Tunisie a enregistré un net recul de ses exportations vers le Maroc au cours des cinq premiers mois de 2026, dans un contexte de creusement du déficit commercial national, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique.
Les exportations tunisiennes à destination du Maroc ont chuté de 37,7 % entre janvier et mai 2026, soit la baisse la plus marquée parmi les principaux partenaires maghrébins du pays, d’après les statistiques publiées par l’Institut national de la statistique (INS). Le repli dépasse ceux observés avec l’Algérie (-26 %) et la Libye (-20,5 %), illustrant l’affaiblissement des débouchés régionaux pour les entreprises tunisiennes.
Cette contraction contraste avec la progression des ventes tunisiennes vers d’autres marchés arabes. Les exportations à destination de l’Égypte ont plus que doublé sur la période (+110 %), tandis que celles vers l’Arabie saoudite ont augmenté de 59,9 %. L’INS relève ainsi des évolutions divergentes selon les partenaires de la région, marquées par un recul au Maghreb et une expansion vers certains marchés du Moyen-Orient.
À l’échelle nationale, les exportations tunisiennes ont atteint 28,2 milliards de dinars tunisiens (environ 8,5 milliards d’euros) à fin mai, en hausse de 5 % sur un an. Les importations ont toutefois progressé plus rapidement, de 9,6 %, pour atteindre 38,6 milliards de dinars (environ 11,6 milliards d’euros).
Cette évolution a contribué à l’aggravation du déficit commercial, qui s’est établi à 10,4 milliards de dinars (environ 3,1 milliards d’euros), contre 8,4 milliards de dinars (2,5 milliards d’euros) un an plus tôt. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est replié de 76,2 % à 73 %, traduisant une détérioration de l’équilibre des échanges extérieurs.
Le secteur énergétique demeure le principal facteur de déséquilibre. Le déficit des échanges énergétiques a atteint 5,8 milliards de dinars (environ 1,75 milliard d’euros), contre 4,3 milliards de dinars (1,3 milliard d’euros) sur la même période de 2025. À lui seul, ce poste représente plus de la moitié du déficit commercial total du pays.
Sur le plan sectoriel, la croissance des exportations a été soutenue par les industries mécaniques et électriques (+6,1 %), les produits agricoles et agroalimentaires (+20 %) ainsi que l’énergie (+37,7 %). Les recettes issues de l’huile d’olive ont atteint 3 milliards de dinars (environ 900 millions d’euros), contre 2,1 milliards un an auparavant. À l’inverse, les exportations de phosphates et dérivés ont reculé de 31,8 %, tandis que le textile, l’habillement et le cuir ont diminué de 6,2 %.
L’Union européenne demeure le principal débouché commercial de la Tunisie, absorbant 71,5 % des exportations du pays, soit 20,1 milliards de dinars (environ 6,1 milliards d’euros). Les ventes vers la France et l’Italie ont progressé respectivement de 6,7 % et 3,5 %, alors que celles vers l’Allemagne et les Pays-Bas ont reculé.
Les chiffres publiés par l’INS montrent ainsi que le Maroc figure parmi les marchés ayant le plus contribué au ralentissement des exportations tunisiennes dans l’espace maghrébin au cours des cinq premiers mois de l’année, alors que les échanges de la Tunisie se réorientent davantage vers certains partenaires du Moyen-Orient et continuent de dépendre largement du marché européen.
MK/Sf/APA






