Douze migrants originaires du Maghreb sont portés disparus après avoir sauté d’une embarcation en mer Méditerranée, au large des îles Baléares, ont annoncé samedi les autorités locales. Quatorze autres passagers ont pu être secourus.
Selon le communiqué officiel du gouvernement espagnol, le drame s’est produit vendredi, à 58 kilomètres au sud-ouest de l’île de Cabrera, lorsqu’un groupe de migrants a quitté de force leur embarcation pour tenter d’atteindre les côtes à la nage. Les survivants ont rapporté que douze personnes manquaient toujours à l’appel. Une vaste opération de recherche a été immédiatement déclenchée, mobilisant le corps de la garde civile espagnole ainsi que des moyens aériens et maritimes.
Cette tragédie survient dans un contexte de pression migratoire accrue sur la route reliant l’Afrique du Nord aux Baléares. Faute de pouvoir rejoindre l’Andalousie ou les Canaries, de plus en plus de migrants choisissent ce passage maritime, plus direct mais particulièrement périlleux.
D’après le ministère espagnol de l’Intérieur, 4 323 migrants sont arrivés aux Baléares entre le 1er janvier et le 15 août 2025, contre 2 443 sur la même période en 2024, soit une hausse de 77 %. À l’inverse, les arrivées aux îles Canaries ont chuté de 46 % sur un an, signe d’un déplacement des flux migratoires.
La situation humanitaire demeure préoccupante : l’ONG espagnole Caminando Fronteras estime que plus de 10 400 personnes ont perdu la vie ou disparu en tentant de rallier l’Espagne depuis le début de l’année, un record dramatique depuis le lancement de son observatoire. L’année 2025 est ainsi considérée comme la plus meurtrière sur les routes migratoires vers la péninsule Ibérique.
MK/Sf/APA





