Avec plus de 738 000 visiteurs algériens recensés depuis le début de l’année, en hausse de 13 % par rapport à 2024, la Tunisie confirme son statut de première destination des Algériens. Une dynamique qui révèle surtout l’incapacité de l’Algérie à développer une offre touristique domestique compétitive.
Selon les données communiquées par le site tunisien Espace Manager, l’afflux d’Algériens vers le pays voisin a atteint des records à la mi-août, avec près de 10 000 passages en une seule journée au poste frontalier. Si la proximité géographique explique en partie l’engouement des touristes algériens, d’autres facteurs structurent ce flux : une offre tunisienne adaptée aux familles, abordable et de meilleure qualité, ainsi que l’augmentation récente de l’allocation touristique algérienne à 750 euros, qui permet de soutenir ces voyages.
Les Algériens constituent désormais la première nationalité étrangère visitant la Tunisie, devant les Européens. À ce rythme, le cap symbolique du million de visiteurs pourrait de nouveau être franchi, confirmant le poids décisif de ce flux pour l’économie tunisienne.
Mais derrière cette vitalité, c’est un constat amer pour Alger : faute d’infrastructures, de stratégie et de vision, l’Algérie n’arrive toujours pas à retenir ses propres citoyens. Les efforts sporadiques de promotion interne peinent à masquer la faiblesse chronique de l’industrie touristique nationale, minée par la bureaucratie, l’absence d’investissements structurants et l’insécurité juridique qui dissuade les opérateurs privés.
La mise en valeur des postes frontaliers, comme celui de Taleb-Larbi, illustre davantage une volonté de faciliter le départ des Algériens vers la Tunisie que de bâtir une véritable destination domestique. Tandis que la Tunisie capitalise sur la complémentarité régionale et soigne son image d’accueil, l’Algérie reste à la traîne, incapable de transformer son potentiel touristique exceptionnel en filière économique solide.
L’afflux massif des Algériens vers la Tunisie n’est donc pas seulement un signe de convivialité maghrébine. Il est surtout le révélateur d’un échec structurel : celui d’un pays riche en atouts naturels et culturels mais qui, faute de politique cohérente, laisse son voisin tirer parti d’un marché intérieur colossal.
MK/ac/Sf/APA





