La crise alimentaire au Soudan atteint un niveau critique. Selon une alerte publiée jeudi par un groupe d’experts internationaux, les taux de malnutrition aiguë observés dans plusieurs localités de l’ouest du pays dépassent désormais les seuils associés aux situations de famine, dans un contexte de guerre prolongée et de crise humanitaire majeure.
À Um Baru et Kernoi, deux localités de l’État du Darfour du Nord, les niveaux de malnutrition aiguë chez les enfants ont franchi un seuil alarmant. Plus d’un enfant sur deux âgé de six mois à cinq ans souffre de malnutrition aiguë à Um Baru, tandis qu’à Kernoi, un tiers des enfants sont concernés, selon une analyse indépendante du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).
Ces taux excèdent le seuil critique de 30 %, au-delà duquel les experts estiment qu’un risque élevé de surmortalité infantile est imminent.
La situation réelle pourrait être encore plus grave, de vastes zones restant inaccessibles aux équipes humanitaires en raison de l’insécurité et des déplacements massifs de population. Depuis la chute d’El Fasher fin octobre 2025, des dizaines de milliers de personnes ont fui vers des régions déjà fragilisées, compliquant l’évaluation des besoins.
Plongé dans une guerre depuis avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), le Soudan voit ses infrastructures agricoles, sanitaires et économiques s’effondrer. En 2026, plus de 33 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire, tandis que plus de 21 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
La réponse humanitaire reste entravée par l’insécurité et le sous-financement. Début février, le plan humanitaire de l’ONU pour 2026 n’était financé qu’à 5,5 %, faisant craindre une aggravation de la crise, notamment à l’approche de la saison des pluies.
Le Soudan est en guerre depuis avril 2023. Le conflit a provoqué l’un des plus importants déplacements de population au monde, avec environ 10 millions de personnes contraintes de fuir leurs foyers. La famine avait déjà été identifiée en 2025 dans certaines zones du Kordofan du Sud, et la situation nutritionnelle continue de se détériorer dans le Darfour et d’autres régions du pays.
DM/ac/Sf/APA







