Après des années d’attente et d’affaires en suspens, des tribunaux mobiles s’apprêtent à être déployés dans l’État d’Équatoria-Occidental, dans sud-ouest du Soudan du Sud, avec l’appui de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud.
Après plus de 200 kilomètres parcourus sur des routes poussiéreuses et accidentées depuis la capitale régionale, une équipe d’experts judiciaires escortée par des Casques bleus a entamé une mission d’évaluation en vue du déploiement de tribunaux mobiles, prévu le mois prochain.
L’initiative vise à juger des dizaines d’affaires restées en attente, dans un contexte d’instabilité persistante malgré l’accord de paix signé en 2018. Les autorités locales ont recensé 35 dossiers, dont neuf cas de meurtre et 15 affaires de violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG).
Dans plusieurs localités, les communautés dénoncent la recrudescence des violences, notamment sexuelles, et l’absence de structures judiciaires fonctionnelles. « Ces affaires sont souvent traitées comme des crimes ordinaires. Nous avons besoin de personnel formé », a déclaré une responsable locale.
L’absence de tribunaux a également entraîné la détention prolongée de suspects sans procès, aggravant la surpopulation carcérale. Pour de nombreux habitants, ces audiences foraines représentent un espoir concret de voir enfin la justice rendue.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud demeure marqué par des violences armées entre forces gouvernementales, groupes d’opposition et milices locales. Malgré l’accord de paix de 2018, des affrontements sporadiques continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et d’aggraver la crise humanitaire.
DM/ac/APA







