À l’issue d’une rencontre nationale tenue jeudi à Dakar, Surfrider Foundation Sénégal a lancé un plaidoyer visant à améliorer la qualité des eaux récréatives, jugée préoccupante sur plusieurs sites du littoral.
La qualité des eaux de baignade au Sénégal, notamment sur le littoral dakarois, présente des niveaux de pollution « variables et parfois alarmants », a alerté Surfrider Foundation Sénégal, appelant à une mobilisation nationale pour inverser la tendance.
Ce plaidoyer, lancé jeudi dans la capitale sénégalaise à l’issue d’une rencontre réunissant des dizaines d’acteurs du littoral, vise à informer et à améliorer la qualité des eaux de baignade afin d’atteindre un niveau « au minimum satisfaisant » pour la santé humaine et l’environnement.
L’initiative s’appuie sur un programme de suivi mené sur plus de deux ans, révélant des risques sanitaires significatifs, une dégradation des écosystèmes marins, ainsi que des impacts économiques sur la pêche, le tourisme et les activités nautiques.
Des résultats scientifiques préoccupants
Entre octobre 2023 et mars 2026, 80 campagnes de prélèvements ont été réalisées sur six sites emblématiques de Dakar, avec 467 analyses bactériologiques effectuées par Institut Pasteur. Les tests ont porté sur la présence de bactéries fécales, notamment Escherichia coli et les entérocoques, indicateurs de pollution selon les standards de Organisation mondiale de la santé.
Les résultats montrent que 42,8 % des prélèvements sont non conformes, traduisant une pollution bactériologique préoccupante. Si certains sites comme Ouakam présentent une qualité satisfaisante, d’autres, notamment la baie de Ngor, Yoff ou la baie des Carpes, affichent des niveaux de contamination élevés, avec des pics atteignant jusqu’à 63 fois les seuils de référence européens.
L’étude met également en évidence une forte saisonnalité : le risque de pollution est environ 2,5 fois plus élevé durant la saison des pluies, en raison du ruissellement, des débordements des systèmes d’assainissement et du transport de déchets vers la mer.
Des causes structurelles et multiples
Selon les conclusions du programme, les sources de pollution sont systémiques et multidimensionnelles. Elles incluent notamment l’absence de systèmes d’assainissement efficaces, les rejets d’eaux usées non traitées, l’urbanisation non régulée du littoral, ainsi que l’insuffisance des infrastructures publiques.
À cela s’ajoutent le faible respect des réglementations existantes, la fragmentation institutionnelle et des comportements à risque liés à un déficit de sensibilisation des populations.
Une étude spécifique menée par GRET sur la plage de Yoff a permis d’identifier plusieurs sources potentielles de pollution et de proposer des pistes d’action adaptées.
Un appel à l’action collective
Face à ce constat, le plaidoyer appelle à une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, notamment les autorités publiques, les collectivités territoriales, les acteurs économiques et les citoyens.
Parmi les priorités identifiées figurent la réduction des rejets d’eaux usées non traitées, la mise en place de systèmes d’assainissement adaptés, le renforcement du contrôle réglementaire, la création d’une norme nationale de qualité des eaux de baignade et l’amélioration de la gouvernance du littoral.
Le programme, qui a mobilisé 48 organisations, bénéficie du soutien de l’ambassade d’Irlande dans le cadre du projet « Urgence Hivernage ».
Pour les initiateurs, agir dès maintenant est essentiel afin de protéger la santé des populations, préserver les ressources naturelles et garantir un développement durable du littoral sénégalais.
AC/Sf/APA







