L’État ivoirien passe à la vitesse supérieure et décrète la « tolérance zéro » contre l’exploitation minière clandestine. Réunis les vendredi 4 et samedi 5 septembre 2026 à Yamoussoukro, les principaux acteurs de la sécurité, de la justice et de l’administration territoriale ont jeté les bases d’une stratégie nationale révolutionnaire.
Au cœur d’un nouveau dispositif ivoirien de lutte contre l’activité minière illégale, les préfets de région se sont fixés un objectif historique : éradiquer l’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire en seulement six mois.
L’atelier national de haut niveau réuni à cet effet a été co-organisé par le Conseil national de sécurité (CNS), le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, ainsi que le Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie.
Preuve de l’importance cruciale de l’événement, la rencontre a enregistré la participation du Secrétaire exécutif du CNS, du Garde des Sceaux, des ministres des Eaux et Forêts, de l’Environnement, mais aussi de parlementaires, de chefs traditionnels et de professionnels du secteur minier.
Un bilan quinquennal solide, mais une menace persistante
Les participants ont d’abord dressé le bilan des actions menées entre juillet 2021 et juillet 2026 par les unités spécialisées (GS-LOI, BRICM, BSSI, OIPR et services judiciaires). En cinq ans, l’État a mobilisé plus de 15 milliards de francs CFA, permettant d’obtenir des résultats majeurs.
Les résultats de la lutte contre l’orpaillage clandestin indiquent de « plus de 1 000 sites clandestins déguerpis, 4 665 individus déférés devant les tribunaux et la saisie de 136 kg d’or, plus d’un milliard de francs CFA en espèces et 745 pelleteuses ».
Si ces chiffres démontrent l’efficacité de la riposte initiale, la persistance du phénomène oblige le gouvernement à changer de paradigme. Le temps des simples opérations ponctuelles de déguerpissement est désormais révolu.
La nouvelle doctrine ivoirienne repose sur une approche globale, permanente et coordonnée. Elle intègre le renseignement, la prévention, le démantèlement des réseaux et la restauration environnementale des sites dégradés.
Vers une stratégie globale et territorialisée
L’objectif est clair : frapper l’ensemble de la chaîne criminelle, en ciblant particulièrement les commanditaires, les financiers et les réseaux de soutien logistique.
Pour réussir ce pari, le Corps préfectoral est placé en première ligne. En tant que représentants directs du chef de l’État dans leurs circonscriptions, les préfets coordonneront désormais les Forces de Défense et de Sécurité, les collectivités et les populations locales pour étouffer toute tentative de recolonisation des sites libérés.
Les participants aux travaux de Yamoussoukro ont validé dix actions prioritaires articulées autour de trois piliers stratégiques : la détection précoce des activités par le renseignement et la surveillance, l’harmonisation des réponses administratives et militaires par une gouvernance coordonnée, et l’application de sanctions sévères contre les contrevenants.
Doté d’un mécanisme rigoureux de suivi et d’évaluation, ce plan d’action marque un tournant décisif. À travers cette remobilisation générale, la Côte d’Ivoire réaffirme sa souveraineté, bien décidée à protéger ses populations et à sauvegarder ses précieuses ressources naturelles.
AP/Sf/APA





