Face à la résurgence du criquet pèlerin dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest, cette rencontre devrait permettre de renforcer les capacités des agents nationaux à collecter, analyser et diffuser des données fiables pour anticiper et contenir les infestations.
Un atelier régional sur la gestion de l’information acridienne s’est ouvert ce lundi à Dakar, en présence de représentants des pays membres de la Commission de lutte contre le Criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du gouvernement sénégalais.
Cette session de formation, qui se tient du 4 au 8 août 2025, vise à renforcer les capacités techniques des agents nationaux dans la collecte, l’analyse et la diffusion des données acridiennes, un maillon stratégique de la lutte préventive contre ce ravageur transfrontalier.
Représentant le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le secrétaire général Ousmane Mbaye a souligné que « la gestion efficace de l’information acridienne devient un pilier fondamental de toute stratégie de prévention et de lutte. Et qui dit prévention, dit aussi information. »
Il a salué la tenue de cet atelier « à la fois technique et stratégique pour la sécurité alimentaire », et a exprimé le vœu que les participants puissent « renforcer leurs connaissances sur les outils de collecte et d’exploitation des données, et améliorer la qualité des bulletins mensuels sur la situation acridienne. »
Le Chargé de programme du CLCPRO, Hichem Dridi a mis en garde contre les nouvelles dynamiques observées sur le terrain. « Depuis fin 2024, plusieurs pays ont fait face à des infestations inhabituelles dans des zones jusque-là épargnées. C’est très probablement lié au changement climatique, qui commence à se manifester de manière très apparente », a-t-il alerté.
Il a insisté sur la nécessité de disposer d’un système d’information réactif et harmonisé, notant que « sans données précises et bien traitées, toute planification d’intervention devient aléatoire. »
« Aujourd’hui, alors que nous investissons énormément pour atteindre la souveraineté alimentaire, tout cela peut être anéanti par une invasion acridienne », a averti M. Mbaye.
Selon M. Dridi, le partage fluide et structuré de données issues du terrain est devenu un impératif. « Au terme de cet atelier, nous espérons sortir avec un dispositif harmonisé de gestion de l’information : une information de qualité destinée aux autorités afin de préserver notre agriculture et notre environnement », a-t-il dit.
Il a également insisté sur l’exigence de coopération transfrontalière face à un ravageur qui ne connaît pas de frontières. Il a rappelé que le criquet pèlerin est l’un des ravageurs les plus dangereux pour les moyens de subsistance des populations, dans la région comme ailleurs. Sa gestion nécessite une coordination et une collaboration régionales poussées, ce qui constitue précisément la mission de la CLCPRO.
Le plan d’action 2025 et le programme régional de formation 2023–2026 servent de cadre à cet atelier, qui prévoit notamment des modules sur l’exploitation de Google Earth Engine (GEE), l’utilisation de drones, l’analyse géospatiale et la production de bulletins acridiens mensuels.
Les agents y manipulent des outils tels que eLocust3, RAMSES et QGIS, pour améliorer la réactivité et la précision des systèmes d’alerte précoce.
« Nous avons des chargés d’information qualifiés, formés sur plusieurs années – il faut en moyenne cinq ans pour former un bon agent. Grâce à la mise à niveau continue de ces experts, l’information demeure de haute qualité », a souligné M. Dridi.
L’atelier, financé par le Fonds fiduciaire de la CLCPRO, s’inscrit dans le cadre du plan d’action 2025 et du programme régional de formation 2023-2026. Il est organisé en collaboration avec la Direction de la protection des végétaux du Sénégal.
ARD/Sf/ac/APA






