Des postes électriques stratégiques entrent en exploitation à Dakar et à Diass dans le cadre du Senegal Power Compact, avec pour objectif d’améliorer la fiabilité du réseau et d’accompagner la croissance de la demande.
Le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau de transport d’électricité avec la mise en service de plusieurs infrastructures stratégiques de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), dans le cadre du Senegal Power Compact.
Une visite de presse conduite par le Millennium Challenge Account-Sénégal II (MCA-Sénégal II), en collaboration avec la Senelec, a permis de constater l’entrée en exploitation de nouveaux ouvrages à Diass, Hann, l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff et Kounoune.
Financé à plus de 220 milliards de FCFA, avec l’appui du peuple américain à travers la Millennium Challenge Corporation (MCC), le projet vise à renforcer durablement la capacité, la fiabilité et la résilience du réseau interconnecté national.
« Les postes visités aujourd’hui sont déjà en exploitation par la Senelec et permettent non seulement d’augmenter la capacité du réseau, mais aussi d’introduire des technologies de pointe, du savoir-faire et de l’expertise au bénéfice du secteur électrique sénégalais », a déclaré Oumar Diop, directeur général du MCA-Sénégal.
Les nouvelles installations comprennent des transformateurs de forte puissance, des tableaux électriques 30 kV, des postes 225 kV ainsi que des lignes souterraines, conçus pour accroître significativement les capacités de transit et améliorer la stabilité du réseau.
Selon M. Diop, ces investissements répondent à une exigence structurelle de la croissance économique du pays. « Le développement économique du Sénégal impose que la quantité et surtout la qualité de l’électricité fournie aux industriels et aux ménages atteignent un certain niveau. C’est pourquoi le renforcement du réseau de transport était devenu indispensable », a-t-il souligné.
Au poste de Hann, l’un des plus importants du réseau de transport, des investissements de plus de 4,7 milliards de FCFA ont permis l’installation d’un transformateur de 80 MVA, la construction d’un nouveau bâtiment moyenne tension et la mise en place d’un tableau 30 kV de 21 cellules. Cela a permis d’augmenter la puissance transitable vers plusieurs zones densément peuplées de Dakar et de sa banlieue.
À Diass, site névralgique alimentant notamment l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) et des pôles industriels, le remplacement des anciens transformateurs de 40 MVA par deux unités de 80 MVA, combiné à l’installation d’une travée réactance de 20 Mvar, a permis de doubler la capacité du poste, renforçant ainsi la continuité et la sécurité de l’alimentation électrique.
Au poste de l’aéroport LSS de Yoff, un investissement de plus de 3,7 milliards de FCFA a également permis le doublement de la puissance transitable, avec un impact direct sur Dakar et sa périphérie, qui concentrent près de 60 % de la demande nationale en électricité.
Pour Makhtar Ndiaye, conseiller technique électricité au ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, ces infrastructures s’inscrivent pleinement dans la vision de long terme de l’État.
« Le réseau de transport est un maillon essentiel pour fournir une électricité plus fiable, plus stable et de meilleure qualité. Les ouvrages réalisés vont réduire la congestion du réseau et accompagner la forte croissance de la demande énergétique », a-t-il indiqué.
Selon lui, le projet arrive à un moment clé, alors que le Sénégal ambitionne l’accès universel à l’électricité d’ici 2029 et déploie la stratégie gaz-to-power. « Produire davantage d’énergie ne suffit pas. Il faut aussi être capable de l’évacuer. Le volet transport du Compact permettra de faire transiter l’électricité issue du gaz local vers les zones urbaines, périurbaines et rurales qui en ont besoin », a-t-il expliqué.

Oumar Diop a, pour sa part, comparé le projet à la construction d’une « autoroute de l’électricité. » « Avec les lignes 225 kV, les câbles souterrains et sous-marins, et les nouveaux postes, nous préparons dès aujourd’hui le réseau capable de supporter les ambitions énergétiques du Sénégal à l’horizon 2050 », a-t-il affirmé, soulignant que les coupures devraient devenir « un vieux souvenir. »
« A terme, ce sont 4,6 millions de ménages et entreprises comprises qui seront impactés par le projet transport » a indiqué Mareme Ndoye, Directrice Suivi-évaluation et analyse économique du MCA II.
Sur le plan de l’exécution, le projet affiche un niveau d’avancement jugé satisfaisant par les autorités. À ce jour, près de 95 % des travaux physiques ont été réalisés, avec environ 180 milliards de FCFA déjà engagés et décaissés, sur un montant total de 220 milliards de FCFA. L’achèvement complet des infrastructures est attendu dans les sept à huit prochains mois, avant la clôture du Compact.
Les travaux, réalisés majoritairement par des ingénieurs et techniciens sénégalais, respectent les standards internationaux en matière technique, environnementale et de sécurité.
À travers ces mises en service, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire du secteur électrique un levier central de la croissance économique, de l’industrialisation et de l’amélioration des conditions de vie des populations.
ARD/ac/Sf/APA







