La FAO a lancé, ce mercredi 9 avril 2025, les projets BioDAF 2 et BUGS, permettant à partir des mouches soldats noires de décomposer des déchets, et de produire des intrants agricoles durables, en vue de garantir la sécurité alimentaire.
Les deux projets, BioDAF 2 et BUGS ont été lancés par la FAO, lors d’un atelier à Grand-Bassam, une station balnéaire, située à 40 Km au Sud-Est d’Abidjan. L’atelier a réuni des experts en environnement, des entreprises, des chercheurs, des universitaires et des acteurs du secteur privé.
Au nom du représentant de la FAO Côte d’Ivoire, Mme Hortense Guei, assistante de programme au Bureau de la FAO à Abidjan, a indiqué que ces projets s’inscrivent dans le cadre stratégique 2022-2031 de l’organisation onusienne, qui vise la promotion des solutions bioéconomiques innovantes.
« Ils sont également intégrés au Programme prioritaire de la FAO sur la bio économie pour une alimentation et une agriculture durable, ainsi qu’à l’Initiative phare des villes vertes de la FAO, réaffirmant notre engagement en faveur des solutions intégrées pour la transformation des systèmes agroalimentaires », a-t-elle dit.
BioDAF 2 est une suite de BioDAF 1 qui signifie Bio économie circulaire Abidjan des déchets alimentaires à la fourchette (BioDAF). Selon Maurice Konan, spécialiste environnement à la FAO Côte d’Ivoire « ça consiste à utiliser les larves de mouches soldats noirs pour dégrader les bio déchets et avoir des intrants agricoles ».
Quant au projet BUGS, il a été développé par la Fondation du Réseau africain de l’économie circulaire (ACEN). Il complète les efforts au niveau national et régional, en soutenant les gouvernements de l’Ouganda, de l’Éthiopie et de la Côte d’Ivoire dans la transformation de la gestion des déchets organiques.
En outre, le projet BUGS permet d’adapter les solutions aux contextes climatiques, économiques et institutionnels locaux, tout en favorisant le tri des déchets, l’intégration des politiques, des énergies renouvelables et le renforcement des capacités communautaires pour faciliter l’investissement à long terme dans cette solution.
« Ce projet vient non seulement réduire la pression des bio déchets des villes avec leur corolaire environnemental, mais également à créer des intrants agricoles qui vont agir sur la disponibilité des aliments dans les villes et donc participer à la sécurité alimentaire », a partagé M. Maurice Konan.
Il a fait savoir que « les mouches soldats noirs, leur habitant est différent des mouches domestiques qu’on connaît ». Celles-ci sont produites à partir de larves (par des spécialistes) et après avoir consommé les déchets, elles produisent des substances utilisées comme engrais.
« En exploitant les capacités de bioconversion de la mouche soldat noire (BSF), nous introduisons une solution efficace et fondée sur la nature pour la gestion des déchets organiques, contribuant ainsi à la construction de villes plus vertes et plus durables », a déclaré Mme Hortense Guei.
Cette approche, soutiendra-t-elle, permet de réduire l’impact environnemental des déchets, mais aussi de générer des produits à forte valeur ajoutée, tels que des aliments durables pour animaux et des engrais organiques, renforçant ainsi la sécurité alimentaire, la restauration des sols et la création d’emplois.
Première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Côte d’Ivoire est confrontée à des défis croissants en matière de gestion des déchets et de durabilité de ses systèmes agroalimentaires. A Abidjan, une ville de plus de 6 millions d’habitants, chaque habitant produit plus de 280 Kg d’ordures par an.
L’urbanisation rapide, l’industrialisation et la croissance démographique entraînent une augmentation des déchets municipaux et agricoles, ce qui pose des problèmes à la fois environnementaux et économiques des grandes agglomérations.
La Côte d’Ivoire est engagée dans la transition écologique, notamment vers une bioéconomie circulaire, encourageant les innovations et les industries biologiques qui transforment les déchets en produits de grande valeur tels que la bioénergie, les bioplastiques, les engrais durables et les textiles biosourcés.
La FAO, en collaboration avec des organisations internationales et des partenaires du secteur privé, investit dans des solutions de pointe pour créer des emplois, réduire l’impact environnemental et favoriser la croissance économique.
AP/Sf/APA






