Les déclarations controversées du député tunisien Tarek Mehdi au sujet des migrantes subsahariennes ont suscité une vive indignation et relancé le débat sur les dérives du discours politique en Tunisie.
Le député tunisien Tarek Mehdi a présenté, mardi 14 avril, des excuses publiques après des propos tenus la veille à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), dans lesquels il a évoqué de manière contestée les violences sexuelles visant des migrantes subsahariennes. Cette intervention, prononcée lors d’une séance consacrée à la sécurité et à la question migratoire, a provoqué de vives réactions au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains.
Lors de cette séance, l’élu de Sfax a tenu des propos jugés offensants, affirmant qu’une migrante africaine ne pouvait être victime de viol en Tunisie, déclenchant une controverse nationale. Face à l’ampleur des critiques, il a évoqué une « maladresse », affirmant que ses propos avaient été mal interprétés, sans revenir sur sa position en faveur d’un durcissement des mesures contre l’immigration irrégulière.
Dans le prolongement de cette séquence, plusieurs organisations ont dénoncé un discours jugé dégradant. La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a évoqué des propos « déshumanisants », tandis que l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a dénoncé une « incitation flagrante à la haine ». Ces réactions traduisent une inquiétude plus large face à l’évolution du débat public sur les questions migratoires.
Cette polémique intervient dans un climat politique déjà marqué par des tensions accrues autour des enjeux de migration et de sécurité. Le durcissement du discours de certains responsables politiques alimente les critiques sur une possible banalisation de propos stigmatisants au sein même des institutions.
Au-delà de l’incident, cette affaire place désormais l’Assemblée tunisienne sous pression, avec des appels à des sanctions disciplinaires visant le député. Elle souligne également les fractures persistantes au sein de la société tunisienne sur la gestion des migrations et le respect des droits fondamentaux, dans un contexte politique en mutation.
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