À la veille d’une nouvelle audience en appel, la campagne « Contre la criminalisation du travail associatif » a exprimé son soutien à la militante Saïdia Mosbah et aux membres de l’association tunisienne Mnemty.
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, célébrée chaque année le 18 juin, la campagne tunisienne « Contre la criminalisation du travail associatif » a publié un communiqué exprimant sa « solidarité de principe et inconditionnelle » avec la militante Saïdia Mosbah ainsi qu’avec les membres de l’association Mnemty.
Selon le texte, les personnes concernées font l’objet de poursuites judiciaires depuis plus de deux ans. La campagne affirme également qu’elles sont visées par des « commentaires, stéréotypes et attaques à caractère raciste » menés de manière récurrente sur les réseaux sociaux.
Le collectif souligne que Saïdia Mosbah et plusieurs militantes et militants de Mnemty doivent comparaître une nouvelle fois devant la Cour d’appel de Tunis le 19 juin. Il estime que cette procédure s’inscrit dans « un processus continu de répression des voix engagées dans la défense des droits », en particulier celles actives sur des questions telles que la lutte contre le racisme et les migrations.
Dans son communiqué, la campagne considère que cette situation dépasse le cadre d’un dossier individuel ou associatif et pourrait, selon elle, affecter plus largement l’exercice des libertés publiques. Elle exprime également des inquiétudes quant à ce qu’elle qualifie de « manifestations d’un racisme institutionnel », évoquant une interaction croissante entre l’approche sécuritaire et les procédures judiciaires dans les affaires liées au travail de défense des droits humains.
Les signataires estiment par ailleurs que les poursuites, les pressions ou les campagnes de dénigrement visant les défenseurs des droits humains participent à un climat de restriction de l’espace civique. Selon eux, cette dynamique risque de limiter les capacités de la société civile à documenter les violations, exercer un regard critique et demander des comptes aux autorités.
La campagne rappelle que l’association Mnemty est engagée dans la lutte contre le racisme et contre les formes de discrimination. Elle considère que toute action visant l’organisation envoie « un message préoccupant » quant à la place accordée à la défense des droits fondamentaux et de l’égalité.
Dans ses revendications, le collectif rejette « toute forme de criminalisation du travail associatif et des activités de défense des droits ». Il demande également l’arrêt immédiat des poursuites et des procédures judiciaires visant Saïdia Mosbah ainsi que les membres de l’association Mnemty, tout en réaffirmant son soutien à la liberté d’association, à la liberté d’expression et au principe d’égalité entre les citoyens.
MK/AK/Sf/APA






