Le Conseil constitutionnel annoncera lundi les résultats de la présidentielle du 12 octobre dans un contexte de forte tension et de manifestations réprimées.
Au Cameroun, le Conseil constitutionnel proclamera ce lundi 27 octobre les résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre. À la veille de cette annonce cruciale, les avocats d’Issa Tchiroma Bakary, qui s’est autoproclamé président élu, ont dénoncé une « répression meurtrière » ayant fait plusieurs morts lors d’une marche pacifique organisée dimanche à l’appel de leur client.
Selon des sources concordantes, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Garoua et dans plusieurs autres villes du pays pour réclamer la « victoire du peuple », revendiquée par Issa Tchiroma face au président sortant Paul Biya. Des témoins ont fait état de tirs à balles réelles et de plusieurs victimes, bien qu’aucune communication officielle n’ait encore été faite par les autorités. À Douala, des sources médiatiques font état de quatre morts.
Dans un communiqué parvenu à APA, le Collectif des avocats du président Tchiroma s’est dit « profondément consterné » et « indigné » par ces violences, accusant les forces de défense et de sécurité d’avoir ouvert le feu sur des citoyens « non armés et sans défense ». Les juristes dénoncent une « ethnicisation préoccupante » de la répression, qu’ils estiment « dangereuse pour la cohésion nationale et la stabilité du pays ».
Cette prise de position intervient alors qu’Issa Tchiroma a affirmé, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, avoir échappé dimanche matin à une « conspiration » visant à l’arrêter à son domicile. Selon lui, une équipe composée de militaires et « d’experts » aurait tenté de l’« extirper » de chez lui. Il a salué la vigilance des habitants qui, selon ses dires, auraient formé « une chaîne humaine de protection » autour de sa résidence.
L’ancien ministre de la Communication, qui revendique la victoire à la présidentielle, accuse Paul Biya d’être à l’origine de cette tentative d’arrestation. « Le seul crime que j’ai commis, c’est d’avoir gagné l’élection présidentielle », a-t-il lancé, appelant ses partisans à « rester vigilants » dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Le collectif d’avocats, composé notamment de Me Dior Diagne, Me Jemal Telab, Me Éric Diamantis et Me Moustapha Ndoye, exhorte la communauté internationale, l’Union africaine et les pays de la CEMAC à « prêter une attention urgente » à la situation et à réclamer « l’ouverture immédiate d’une enquête internationale ».
Les avocats avertissent que « le silence des partenaires du Cameroun face à ces exactions graves et inhumaines » pourrait être perçu comme une « forme de complicité morale », soulignant que « l’heure est grave » et que « la justice et la dignité humaine doivent prévaloir sur la peur et la division ».
AC/APA





