Au Parlement ougandais, la commission budgétaire met en doute la cohérence des données du ministère de la Santé sur la modernisation des structures sanitaires, pointant des écarts, des soupçons d’iniquité et des failles de transparence dans l’allocation des ressources.
La commission budgétaire du Parlement ougandais a exprimé de sérieuses préoccupations concernant la mise à niveau annoncée des établissements de santé, dénonçant des incohérences dans les chiffres fournis par le ministère de la Santé et soulevant des interrogations sur la transparence et l’équité de la répartition budgétaire.
Ces inquiétudes ont été formulées lors d’une réunion présidée par Patrick Isiagi, au cours de laquelle le président de la commission de la santé, Joseph Ruyonga, a présenté le rapport budgétaire du secteur pour le prochain exercice financier.
Au centre des discussions figure l’affirmation du gouvernement selon laquelle 34 centres de santé de niveau III auraient été transformés en centres de niveau IV à travers le pays. Toutefois, les députés estiment que ces chiffres ne correspondent pas aux documents disponibles.
« L’un des problèmes que nous rencontrons est que le rapport indique que 34 centres de santé ont été modernisés, mais lorsque l’on compte ceux qui sont répertoriés, ils sont moins nombreux et certains ne sont même pas achevés », a déclaré Patrick Isiagi.
Il a insisté sur la nécessité d’une liste vérifiable et détaillée des infrastructures concernées avant toute validation des résultats annoncés.
« Nous devons connaître ces 34 centres. Où se trouvent-ils ? Sans cela, nous ne pouvons pas vérifier ce qui a été fait », a-t-il ajouté.
Joseph Ruyonga a reconnu les insuffisances documentaires, indiquant que la liste des établissements concernés venait à peine d’être transmise par le ministère de la Santé et qu’elle restait à structurer et à vérifier.
Au-delà des incohérences statistiques, plusieurs députés ont dénoncé des déséquilibres dans la répartition des investissements sanitaires, accusant l’exécutif de favoriser certains districts au détriment d’autres.
Herbert Ariko (NRM, division de Soroti-Est) a notamment remis en cause l’équité du processus budgétaire, estimant que certains territoires apparaissent systématiquement dans les allocations tandis que d’autres sont marginalisés.
Dans la même ligne, Patrick Isiagi a rappelé que la question centrale demeure celle de l’équité dans la distribution des ressources publiques, plaidant pour qu’au moins chaque district bénéficie d’une dotation minimale avant toute répétition d’investissements dans les mêmes zones.
Le débat a également mis en lumière des tensions autour du respect des priorités parlementaires, Paul Omara dénonçant le fait que certaines listes validées par le Parlement seraient contournées par le ministère de la Santé au profit de sélections internes.
La commission a par ailleurs examiné l’enveloppe allouée au système national d’ambulances, estimée à 20 milliards de shillings ougandais, avec des demandes de clarification sur le nombre réel d’unités concernées et leur distribution effective. Joseph Ruyonga a évoqué une estimation d’environ 80 ambulances sur la base du coût moyen unitaire, un calcul contesté par plusieurs députés.
Les discussions ont également porté sur les préparatifs sanitaires liés à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), notamment les financements destinés à l’hôpital régional de référence de Hoima. Le budget alloué, estimé à 26 milliards de shillings ougandais, a été jugé insuffisant par la commission, qui estime les besoins à environ 40 milliards pour garantir la mise à niveau des infrastructures.
Si Joseph Ruyonga a alerté sur le manque de ressources pour répondre aux exigences du tournoi continental, Patrick Isiagi a soutenu que l’enveloppe actuelle pouvait néanmoins permettre une préparation minimale de l’établissement pour l’accueil des délégations et des urgences médicales liées à la compétition.
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