La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations Unies connaît un nouveau tournant avec l’entrée en lice officielle de l’Ougandais Olara Otunnu, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, au moment où le Sénégalais Macky Sall défendait à New York sa vision d’une Organisation « réformée et plus efficace ».
Le gouvernement ougandais a annoncé dimanche la candidature d’Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations unies, appelant les États membres à soutenir cet ancien haut responsable onusien pour succéder à António Guterres, dont le mandat expire le 31 décembre 2026.
Dans un communiqué du ministère ougandais des Affaires étrangères, Kampala met en avant le parcours d’un diplomate ayant consacré plus de quarante années aux Nations Unies, à l’administration publique, au monde universitaire et à la société civile.
Olara Otunnu a notamment occupé les fonctions de secrétaire général adjoint des Nations Unies et de premier représentant spécial du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005. À ce poste, il a contribué à placer la protection des enfants touchés par les conflits au cœur des travaux du Conseil de sécurité et participé à la mise en place du mécanisme de surveillance et de communication de l’information créé par la résolution 1612 adoptée en 2005.
Le gouvernement ougandais rappelle également qu’il a été représentant permanent de Kampala auprès des Nations Unies de 1980 à 1985 et président du Conseil de sécurité en décembre 1981. Il est présenté comme l’initiateur de la « formule Otunnu », un système de vote officieux utilisé depuis lors dans le processus de désignation du secrétaire général de l’organisation.
Cette candidature intervient alors qu’un autre Africain, l’ancien président sénégalais Macky Sall participe également à la bataille pour la succession d’António Guterres. Jeudi, il a présenté sa vision d’une ONU « réformée et plus efficace » lors de la « Réunion publique des Nations Unies : le prochain secrétaire général », organisée au siège de l’organisation à New York.
Cette rencontre, réunissant les candidats au poste de secrétaire général, les États membres et des représentants de la société civile, constitue une nouvelle étape du processus de sélection du futur dirigeant de l’organisation.
À l’issue des échanges, Macky Sall a affirmé avoir présenté son ambition pour une ONU capable de mieux répondre aux défis contemporains.
« J’ai partagé ma vision et mon ambition pour une ONU réformée et plus efficace, capable de mieux prendre en charge ses missions principales : la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’État sénégalais a également mis en avant son expérience à la tête du Sénégal et son parcours diplomatique international.
« J’ai également indiqué comment mon expérience de vie publique nationale et d’interaction à l’échelle africaine et internationale pourrait aider à relever les défis majeurs de notre temps, si les États membres me font confiance », a-t-il ajouté.
Macky Sall figure parmi les six candidats officiellement enregistrés pour succéder à António Guterres. Sa candidature, présentée par le Burundi le 2 mars 2026, bénéficie depuis cette semaine du soutien officiel du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé, après un entretien avec son prédécesseur le 17 juillet, le « plein soutien » de Dakar à cette candidature et chargé le gouvernement ainsi que le réseau diplomatique sénégalais de la promouvoir auprès des États membres.
La procédure de désignation est encadrée par la résolution 79/327 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025, qui met l’accent sur la transparence et l’inclusivité. Après les auditions publiques et les dialogues interactifs, le Conseil de sécurité examinera les candidatures avant de recommander un nom à l’Assemblée générale pour la désignation finale.
Avec l’arrivée d’Olara Otunnu dans la compétition, le continent africain compte désormais plusieurs profils engagés dans cette succession, alors que les États membres devront choisir le prochain secrétaire général de l’ONU dans un contexte marqué par de profondes crises internationales.
AC/Sf/APA







