L’Agence nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA) a annoncé mardi le démantèlement d’un laboratoire clandestin de production de méthamphétamine dans l’État d’Ebonyi, dans le sud-est du pays, ainsi que l’arrestation d’un ressortissant mexicain présenté comme un responsable d’un réseau transnational de trafic de drogue.
L’Agence antidrogue nigériane a annoncé, mardi, avoir démantelé un laboratoire industriel de méthamphétamine et arrêté un ressortissant mexicain qui tentait de quitter le Nigeria par l’aéroport de Lagos.
Le président-directeur général de la NDLEA, le général Mohamed Buba Marwa, représenté lors du point de presse par le directeur des médias et du plaidoyer de l’agence, Femi Babafemi, a indiqué que l’opération faisait suite à plusieurs mois d’enquête sur un réseau impliqué dans l’installation de laboratoires clandestins dans plusieurs régions du pays.
Selon la NDLEA, les investigations ont notamment établi des liens entre l’arrestation, en juin dernier, du Mexicain Jose Villa Ochoa, 56 ans, présenté comme un spécialiste de la production de méthamphétamine, et Arturo Carrera Loaiza.
Ochoa avait été arrêté le 17 juin avec quatre collaborateurs nigérians dans un laboratoire clandestin dissimulé dans une zone forestière du village de Tapa, dans la zone de gouvernement local d’Ibarapa North, dans l’État d’Oyo.
La NDLEA avait auparavant arrêté, le 16 mai, trois ressortissants mexicains et sept Nigérians dans une cache située dans une zone forestière de l’État d’Ogun.
Les enquêteurs ont établi que Loaiza était entré au Nigéria le 10 juin avec un autre ressortissant mexicain, Jose Ceballos Perez. Il a finalement été arrêté le 19 août alors qu’il tentait de quitter le pays par l’aéroport de Lagos, selon l’agence.
Lors de son interrogatoire, Loaiza a affirmé avoir été invité au Nigéria par un contact nigérian connu sous le nom de « Henry », dans le cadre d’un projet de restaurant, et a nié toute implication dans la production de méthamphétamine.
La NDLEA affirme toutefois avoir découvert des photographies le montrant en blouse de laboratoire bleue au milieu d’équipements compatibles avec la fabrication de méthamphétamine. L’analyse des données de localisation associées aux images aurait permis aux enquêteurs de retrouver une propriété en construction à Isiata Ugoni Okposi, dans l’État d’Ebonyi.
Une opération menée le 30 août sur cette propriété, liée à John Samuel Ivo Okike, a permis aux enquêteurs de relever la présence d’une structure temporaire construite au-dessus d’une fosse septique et de fortes odeurs chimiques.
L’analyse d’images de vidéosurveillance récupérées sur place a également montré un homme correspondant à Loaiza ainsi que plusieurs apparitions de John Samuel Ivo Okike. Les images auraient notamment enregistré, le 21 août, le déplacement de produits chimiques et d’équipements de laboratoire depuis la propriété.
Les enquêteurs ont ensuite retrouvé ces matériels dans une maison située dans une communauté voisine, placée sous la garde d’un certain Nwanja Obasi.
La perquisition a permis de saisir notamment un déshydrateur contenant un tissu imprégné de méthamphétamine, trois autres déshydrateurs, ainsi que plusieurs centaines de kilogrammes de produits chimiques et différents équipements utilisés dans la fabrication de drogues de synthèse.
La NDLEA affirme que les éléments recueillis, notamment les images de vidéosurveillance, les analyses médico-légales et les témoignages, ont renforcé le dossier contre les personnes liées au réseau.
Mohamed Buba Marwa a assuré que le Nigéria ne servirait pas de refuge aux réseaux criminels transnationaux cherchant à déplacer leurs activités vers ses zones forestières et rurales.
Il a également salué le travail des unités spécialisées de la NDLEA et des commandements des États d’Oyo, d’Ogun et d’Ebonyi, assurant que l’agence poursuivrait les investigations afin d’identifier les autres membres du réseau, ses financiers et ses complices locaux.
AC/Sf/APA





