Forte préoccupation à Abuja devant la situation de plus de 7 000 Nigérians bloqués en Libye, tandis que 162 ressortissants ont été expulsés fin août par les autorités libyennes.
Les autorités nigérianes se disent préoccupées par le nombre croissant de leurs ressortissants empruntant les routes irrégulières menant à la Libye, malgré les dangers liés à la traversée du désert et aux réseaux de passeurs. Un recensement officiel a révélé que plus de 7 000 Nigérians sont actuellement bloqués sur le sol libyen, selon un rapport relayé par la Commission des Nigérians à l’étranger (NiDCOM).
La présidente de la Commission, Abike Dabiri-Erewa, a exprimé son inquiétude face à une tendance qu’elle juge alarmante, reconnaissant que certains migrants considèrent la Libye comme « plus sûre que le Nigéria » dans le contexte actuel. Ses propos ont suscité une vive controverse dans le pays, alimentant le débat sur la crise économique et sécuritaire qui pousse de nombreux Nigérians à l’exil.
Le 27 août, les autorités du ministère libyen de l’Intérieur ont annoncé l’expulsion de 162 Nigérians par l’aéroport de Misrata. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Libye reste le principal point de transit vers l’Europe : environ 90 % des migrants irréguliers embarquant pour les côtes italiennes partent de ce pays.
La multiplication des cas d’expulsions et de détentions arbitraires en Libye accentue la pression sur Abuja, critiqué pour son incapacité à créer des alternatives viables pour sa jeunesse. Les ONG rappellent que la pauvreté persistante, l’insécurité et le chômage endémique au Nigéria alimentent un flux migratoire qui, malgré les risques, ne faiblit pas.
MK/ac/Sf/APA







