Des militaires accusés d’avoir fomenté un projet avorté de renversement du président nigérian Bola Tinubu l’an dernier seront jugés par une cour martiale, selon un communiqué de la hiérarchie militaire nigériane consulté mardi par APA.
Poursuivis pour indiscipline, insubordination et violation des règlements militaires, certains des 16 présumés putschistes, identifiés comme des officiers des forces armées nigérianes, comparaîtront devant une commission judiciaire spéciale composée d’officiers de l’armée.
L’annonce de cette procédure intervient après que l’armée nigériane a finalement reconnu, fin 2025, l’existence de rapports faisant état d’une tentative de coup d’État déjouée, qu’elle avait auparavant démentis. La hiérarchie militaire avait, à plusieurs reprises, rejeté ces rumeurs, malgré des signaux de mécontentement au sein de l’armée et un climat de désenchantement public à l’égard du gouvernement Tinubu.
Le président Tinubu avait annulé un défilé prévu dans le cadre des célébrations de l’anniversaire de l’indépendance, le 1er octobre 2025. Cette décision avait coïncidé avec la révocation de 16 officiers, dont les grades allaient de capitaine à général de brigade.
En vertu du droit nigérian, les accusés risquent la peine capitale s’ils sont reconnus coupables.
Depuis son indépendance en 1960, le Nigéria a connu plusieurs coups d’État militaires, souvent aux conséquences lourdes. Le pays bénéficie toutefois d’une continuité démocratique ininterrompue depuis 1999, date de son retour à un régime civil. Le dernier renversement militaire réussi remonte à 1993, à l’issue d’une élection présidentielle controversée qui aurait porté au pouvoir l’homme d’affaires Chief Moshood Kashimawo Olawale Abiola.
La junte militaire dirigée alors par le général Ibrahim Babangida avait annulé le scrutin du 12 juin 1993, malgré des résultats indiquant une victoire d’Abiola avec au moins 58 % des voix. Peu après, Babangida avait cédé le pouvoir à une administration civile de transition, avant que le général Sani Abacha ne s’en empare et ne gouverne d’une main de fer jusqu’à sa mort soudaine en juin 1998. Abiola, détenu durant cette période, est décédé quelques semaines plus tard.
De hauts responsables de l’armée ont assuré que les suspects bénéficieraient d’un procès libre et équitable, soulignant que toute tentative de destitution anticonstitutionnelle du président constitue une violation flagrante de l’éthique et des normes professionnelles des forces armées nigérianes.
Cette affaire survient dans un contexte régional marqué par une vague de prises de pouvoir militaires en Afrique de l’Ouest, où des juntes sont toujours au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Sous l’égide de la Cédéao, le Nigéria avait contribué, en décembre dernier, à déjouer une tentative de coup d’État au Bénin, illustrant l’opposition ferme de l’administration Tinubu à tout changement anticonstitutionnel de gouvernement dans la région et ailleurs sur le continent.
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