Le général Abdourahamane Tiani a signé jeudi 11 juin 2026 un nouveau décret de déchéance provisoire de nationalité visant Mariama Djibrine alias Mayra, poursuivie pour « intelligence avec une puissance étrangère » -une mesure qui s’inscrit dans une série de sanctions croissantes contre les opposants et voix critiques du régime.
Le régime militaire nigérien franchit un nouveau cap dans sa politique de répression des opposants. Le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le général d’armée Abdourahamane Tiani, a signé jeudi un décret de déchéance provisoire de nationalité visant Mariama Djibrine alias Mayra, née le 27 mai 1989 à N’Guigmi, poursuivie pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, incitation à la révolte et intelligence avec une puissance étrangère ».
Ce décret, rendu public par le Secrétariat général du gouvernement dirigé par Mahamane Roufai Laouali, marque une nouvelle étape dans une série de mesures similaires engagées depuis l’arrivée au pouvoir du CNSP en juillet 2023.
Déchéances en cascade
En janvier dernier, le général Tiani avait déjà signé un décret similaire visant deux proches de l’ancien président Mohamed Bazoum : Maman Sani Ali Adam, alias Celon Ali Adam, né en 1992 à Zinder, et Boussada Ben Ali, né en 1972 à N’Gourti, accusés d’« activités susceptibles de perturber la paix et la sécurité publiques ».
Ces mesures faisaient elles-mêmes suite à une vague de novembre, au cours de laquelle sept personnes avaient été déchues de la nationalité nigérienne, dont deux anciens ministres du gouvernement renversé — Hassoumi Massoudou (Affaires étrangères) et Alkache Alhada (Commerce) —, tous deux poursuivis devant le tribunal militaire pour « trahison » et « complot contre la sûreté de l’État ».
L’ensemble de ces sanctions repose sur l’ordonnance n° 2024-43 du 27 août 2024, modifiée par l’ordonnance n° 2024-46 du 7 octobre 2024, instituant un fichier des personnes impliquées dans des actes de terrorisme ou des infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques de la nation.
L’ancien président Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État de juillet 2023, demeure quant à lui en détention.
AC/Sf/APA





