La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a démis de ses fonctions le ministre de l’Agriculture, Mac-Albert Hengari, à la suite de graves accusations criminelles, marquant ainsi le premier scandale politique majeur de son mandat, entamé il y a quelques semaines à peine.
Mac-Albert Hengari, désormais ex-ministre de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Eau et de la Réforme agraire, a été arrêté samedi. Il est accusé de viol sur une adolescente de 16 ans, une affaire qui remonte à cinq ans. Selon la police, Hengari aurait tenté récemment de corrompre la victime, aujourd’hui âgée de 21 ans, afin qu’elle abandonne les poursuites, ce qui a conduit à sa mise en garde à vue.
Dans un communiqué publié lundi, la présidence a annoncé que Hengari avait été relevé de ses fonctions en vertu de l’article 32(6) de la Constitution. Il est également écarté de l’Assemblée nationale, où il figurait parmi les prétendants à la présidence pour le compte du parti au pouvoir, la SWAPO.
« La fin de son mandat prend effet le mercredi 23 avril 2025, date à laquelle il était censé remettre sa démission », précise le communiqué.
Hengari, qui nie les faits, a comparu lundi devant le tribunal de première instance de Windhoek. Le juge a refusé sa demande de libération sous caution, invoquant un risque de subornation de témoins et de fuite. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, dont viol, enlèvement, agression et entrave à la justice. Sa prochaine comparution est fixée au 3 juin.
Cette arrestation retentissante a secoué la classe politique namibienne et assombri les débuts de la présidente Nandi-Ndaitwah, première femme à diriger le pays. Encensée pour incarner un renouveau, elle voit déjà son leadership mis à l’épreuve.
Des analystes estiment toutefois que sa réaction rapide pourrait traduire une volonté réelle de rupture avec l’impunité, soulignant une possible tolérance zéro à l’égard des abus et de la corruption. Reste à savoir comment la SWAPO gérera en interne les répercussions de cette affaire.
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