Les régimes de retraite marocains ont collecté 66,8 MMDH de cotisations l’an dernier, soit en hausse de 8,9%, selon le rapport sur la stabilité financière.
La photographie 2024 du système de retraite marocain révèle une amélioration des recettes de cotisations (+8,9 % à 66,8 MMDH), tirée par la progression de la masse salariale, un emploi formel plus résilient qu’attendu et une collecte mieux outillée. Les prestations versées atteignent 71,1 MMDH (+5,8 %), reflet d’une démographie vieillissante et d’une hausse graduelle du nombre d’ayant-droits. Les réserves agrégées avoisinent 327 MMDH (+4,6 %), coussin appréciable mais inégalement réparti entre régimes.
Le détail par régime éclaire la dynamique : la CMR-RPC bénéficie de l’augmentation salariale issue du dialogue social d’avril 2024 (+10,6 % de cotisations), tandis que d’autres régimes demeurent sous tension structurelle avec des rapports cotisants/retraités dégradés. Le trio BAM-ACAPS-AMMC souligne une équation connue : même avec de meilleures recettes, l’équilibre de long terme appelle une réforme paramétrique (âge, durée, taux) et systémique (convergence vers des pôles, gouvernance d’investissement, pilotage actuariel). La performance financière des réserves, dans un contexte de taux et d’inflation mouvants, devient un second ressort à optimiser, via une allocation d’actifs diversifiée et une meilleure gestion des risques.
Le message implicite est double : le court terme est stabilisé, le moyen terme reste à sécuriser. Le calendrier de réforme, la soutenabilité sociale des ajustements et l’articulation avec la généralisation de la protection sociale demeurent les points durs d’une équation qui engage finances publiques, attractivité du marché du travail et équité intergénérationnelle.
MK/ac/Sf/APA





