Au Maroc, malgré une amélioration générale marquée par la baisse de 12,8% du taux national de chômage, de sérieux défis subsistent. Le taux de chômage des femmes est en hausse, atteignant 19,9 %, contre 17,7 % l’an dernier.
Le taux de chômage national du Maroc est tombé à 12,8% au deuxième trimestre 2025, contre 13,1% au cours de la même période l’année dernière.
Le Haut-Commissariat au plan (HCP) a publié ces chiffres, montrant la première baisse après plusieurs trimestres de hausse du chômage.
La création d’emplois en milieu urbain est à l’origine de cette légère amélioration nationale. Les villes ont créé 114 000 nouveaux emplois, contribuant à réduire le chômage urbain de 16,7 % à 16,4 %.
Dans le détail, le secteur de la construction a mené la création d’emplois avec 74 000 nouveaux postes, suivi des services avec 35 000 emplois et de l’industrie avec 10 000 postes.
Le pays a créé 132 000 emplois rémunérés à l’échelle nationale, ce qui indique un léger renforcement du marché du travail formel.
Parallèlement, le progrès urbain contraste fortement avec les zones rurales, où l’emploi continue de souffrir.
Les données du HCP indiquent que les régions rurales ont perdu 107 000 emplois, principalement en raison des coupes budgétaires dans le secteur agricole, qui ont supprimé 108 000 postes. Si le chômage rural a paradoxalement chuté à 6,2 %, cela reflète le départ des personnes du marché du travail plutôt que leur recherche d’emploi. De nombreux habitants des zones rurales ont cessé de chercher un emploi ou ont migré vers les villes.
Cependant, malgré cette amélioration générale, de sérieux défis subsistent. Le taux de chômage des femmes est en hausse, atteignant 19,9 %, contre 17,7 % l’an dernier.
Le rapport montre également que les jeunes âgés de 15 à 24 ans connaissent un taux de chômage alarmant de 35,8 %, tandis que ceux âgés de 25 à 34 ans connaissent des taux de 21,9 %.
Les différences régionales demeurent évidentes, les régions du Sud affichant un taux de chômage de 25,8 %, tandis que la région de l’Oriental affiche 21,1 %. Pendant ce temps, Draa-Tafilalet ne connaît que 6,4 % de chômage, et Marrakech-Safi enregistre 7,5 %.
Le sous-emploi s’est également aggravé, touchant 1,15 million de personnes contre 1,04 million auparavant. Cela indique que si moins de personnes sont totalement sans emploi, beaucoup travaillent dans des conditions précaires.
Cette légère baisse offre de l’espoir mais masque de profondes inégalités entre les zones urbaines et rurales, entre les hommes et les femmes et entre les différentes régions.
MK/ac/Sf/APA







