L’armée malienne affirme avoir repoussé des attaques jihadistes coordonnées dans plusieurs localités du centre et de l’ouest, tout en capturant un cadre influent de l’État islamique au Sahel dans le nord du pays. Si ces opérations traduisent une certaine montée en puissance tactique, elles illustrent aussi la persistance d’une menace multiforme sur l’ensemble du territoire.
À l’issue d’une journée marquée par de violents affrontements, l’armée malienne revendique une série de succès sur plusieurs fronts. Mardi 1er juillet, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par des éléments du Corps africain, contingent russe officiellement intégré au dispositif de défense, ont repoussé des assauts simultanés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) contre sept localités stratégiques : Niono, Molodo, Sandaré, Gogui, Nioro du Sahel, Kayes et Diboli.
À Niono, point névralgique de la région de Ségou, une centaine de combattants jihadistes ont tenté de submerger les positions maliennes, d’après une publication d’Africa Corps. Selon l’état-major, plus de 80 assaillants ont été neutralisés, plusieurs armes saisies et des prisonniers faits. Le JNIM, qui a revendiqué l’opération, reconnaît des combats prolongés, mais affirme avoir infligé de lourdes pertes à l’armée et capturé du matériel militaire.
À Diboli, ville frontalière du Sénégal, les assaillants ont directement visé les postes de sécurité étatiques. Des témoignages et vidéos authentifiés par APA montrent des bâtiments administratifs criblés de balles. C’est la première fois qu’un poste aussi proche du territoire sénégalais – à moins de deux kilomètres de Kidira – est attaqué de manière aussi frontale, malgré la mise en place récente de patrouilles mixtes Mali-Sénégal dans cette zone.
Malgré le caractère spectaculaire et coordonné de ces attaques, les autorités maliennes mettent en avant leur capacité de réaction rapide et coordonnée. Les communiqués des FAMa et du Corps africain insistent sur la maîtrise des opérations et la récupération d’un important arsenal ennemi. Des sources locales à Niono et Kayes font également état de plusieurs jihadistes tués.
Ces développements interviennent alors que les FAMa ont annoncé, dans un autre théâtre d’opérations, la capture à Gao d’un haut responsable de l’État islamique au Sahel (EIS). Abraham Boubacar, alias « Oubel », identifié comme le chef du Groupe d’action terroriste (GAT) de l’EIS dans le secteur de Tessit, a été arrêté le 29 juin avec dix de ses hommes. L’opération est saluée comme une prise majeure par les services de renseignement maliens, dans une région où l’EIS reste actif, en particulier sur les axes transfrontaliers avec le Burkina Faso et le Niger.
Cette opération a été suivie, moins de 24 heures plus tard, par la neutralisation d’un autre cadre de l’EIS, « Abou Dahdah », près de Ménaka, présenté comme un spécialiste des engins explosifs et idéologue du groupe. Cette séquence traduit, selon les observateurs, une pression croissante exercée par les forces maliennes sur les structures de commandement jihadistes, tant du côté de l’EIS que du JNIM.
Néanmoins, ces succès tactiques demeurent fragiles et localisés, dans un contexte où les groupes armés conservent une forte capacité de nuisance et d’adaptation. Le fait que des attaques aient visé simultanément plusieurs zones et qu’un poste frontalier ait été ciblé illustre les limites des dispositifs de sécurité, même renforcés par des coopérations régionales.
Au-delà du coup porté aux groupes jihadistes, la situation révèle une réalité plus large : celle d’un pays engagé dans une guerre d’usure, où chaque victoire militaire doit être consolidée politiquement et sécuritairement pour être durable.
AC/Sf/APA





