Le Mali a ouvert, le 20 novembre 2025, une nouvelle phase de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDR-I), la première menée exclusivement par l’État depuis la fin de l’Accord d’Alger et le retrait de la MINUSMA. Cette étape initiale vise deux mille ex-combattants issus du nord et du centre, dans un contexte de réorganisation institutionnelle engagée depuis 2024.
La nouvelle phase de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDR-I) au Mali marque une évolution notable par rapport aux mécanismes appuyés par la mission onusienne, dont le retrait s’est achevé le 31 décembre 2023 avant l’annonce officielle de la caducité de l’Accord d’Alger le 25 janvier 2024. Les autorités ont depuis réformé la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion ainsi que la Commission nationale d’intégration, à travers des décrets publiés en juin 2024, élargissant leurs prérogatives à l’ensemble du territoire et redéfinissant les modalités d’intégration et de réinsertion.
La cohorte engagée s’inscrit dans une approche graduelle, alors que les années précédentes avaient vu émerger des projets évoquant l’intégration de 26 000 ex-combattants en deux séquences de 13 000. La réduction du périmètre initial permet de tester la capacité des structures nationales à conduire un programme étendu sans appui opérationnel extérieur, dans un environnement institutionnel remanié et sur un champ géographique qui couvre Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudénit.
Le déploiement de cette phase mobilise les administrations locales, les autorités traditionnelles et les représentants de groupes armés ou d’autodéfense éligibles, qui participent aux opérations d’identification, de sensibilisation et d’orientation. Leur implication est considérée comme un élément structurant du dispositif, en raison de leur ancrage territorial et de leur rôle dans la coordination avec les communautés.
Les enjeux opérationnels demeurent importants, notamment la vérification de l’identité des bénéficiaires, la gestion des armes remises, la sécurisation des sites de cantonnement et l’organisation des parcours de réinsertion socioéconomique ou militaire. Les autorités doivent également assurer un suivi durable après la démobilisation, étape souvent déterminante dans la stabilité des dispositifs antérieurs.
L’initiative intervient dans un contexte où plusieurs régions ont été marquées par des affrontements prolongés, la circulation d’armes et la présence de groupes armés aux configurations variables. Le processus en cours constitue l’une des composantes des efforts nationaux visant à stabiliser ces zones et à renforcer la présence administrative et sécuritaire de l’État.
La réussite de cette première séquence conditionnera la possibilité d’étendre le mécanisme à d’autres groupes et à d’autres localités. Elle représente également un test pour les structures réorganisées en 2024, appelées à démontrer leur capacité à conduire un programme de cette ampleur selon des standards compatibles avec les engagements annoncés par les autorités. Le déroulement des semaines et mois à venir permettra d’apprécier la solidité opérationnelle du dispositif et son potentiel d’élargissement.
MD/ac/Sf/APA





