À quelques semaines des élections générales décisives prévues le 16 septembre au Malawi, les inquiétudes se multiplient autour des violences politiques, de l’abstention des électeurs et de la supposée partialité de la Commission électorale du Malawi (MEC), jetant une ombre sur la crédibilité du scrutin.
Human Rights Watch (HRW) a averti vendredi que le climat électoral au Malawi se dégradait rapidement, citant des attaques contre des manifestants pacifiques, une couverture médiatique biaisée et le refus de la Commission électorale du Malawi (MEC) d’autoriser un audit indépendant du fichier électoral.
Le paysage politique reste explosif. En juin, des hommes masqués et armés ont attaqué des manifestants réclamant des réformes électorales, tandis que la police serait restée passive.
« Des organisations de la société civile et des partis d’opposition affirment que les auteurs de ces violences politiques sont liés à une milice de jeunesse affiliée au Parti du congrès du Malawi (MCP, au pouvoir), bien que ce dernier nie toute implication », a indiqué HRW.
Des incidents similaires avaient déjà été signalés en novembre 2024, suscitant des accusations d’impunité et de partialité au sein des forces de l’ordre.
Au cœur de la crise se trouve la MEC, dont la direction est largement perçue comme proche du parti au pouvoir.
« Les organisations de la société civile et les partis d’opposition ont tiré la sonnette d’alarme sur la composition du secrétariat de la commission et les affiliations politiques présumées de ses dirigeants », souligne HRW.
« Cette situation a gravement entamé la crédibilité de la MEC en tant qu’arbitre neutre et impartial. »
L’adoption par la commission de la technologie Smartmatic a suscité des doutes sur la transparence, et son refus de permettre à des organisations locales de contrôler le fichier électoral a accentué la défiance du public.
Cette situation ravive le souvenir des élections de 2019, annulées par la Cour constitutionnelle en raison d’irrégularités massives — une décision historique qui avait fait du Malawi un modèle régional en matière de justice électorale.
Mais les observateurs craignent désormais que ces acquis démocratiques soient remis en cause.
Le parti au pouvoir est également accusé d’utiliser abusivement les ressources de l’État et de contrôler la radiotélévision nationale, la Malawi Broadcasting Corporation (MBC).
Les observateurs des médias ont exhorté la MBC à se conformer à la loi sur les communications et à garantir une couverture équilibrée, conformément aux principes et directives de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) sur la conduite des élections démocratiques.
Le scrutin doit permettre d’élire le président de la République, 193 députés et les représentants des collectivités locales.
Le président sortant Lazarus Chakwera, du MCP, brigue un nouveau mandat face à une forte concurrence des anciens chefs d’État Peter Mutharika (Parti démocratique progressiste) et Joyce Banda (Parti du peuple).
Parmi les autres candidats figurent Dalitso Kabambe (Mouvement pour la transformation unie), l’actuel vice-président Michael Usi (parti Odya Zake Alibe Mlandu, récemment créé) et Atupele Muluzi (Front démocratique uni).
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