Le dernier classement des pays selon le revenu par habitant publié par la Banque mondiale révèle une stagnation préoccupante pour les économies du Maghreb, en dépit d’années d’investissements publics et de réformes sectorielles.
Selon les nouvelles catégories de la Banque mondiale en date de juillet 2025, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie demeurent tous classés dans le groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, sans véritable progression par rapport aux années précédentes. Cette classification repose sur le seuil de revenu national brut (RNB) par habitant, établi à entre 1 136 et 4 465 dollars.
Alors que certains pays d’Afrique subsaharienne amorcent une ascension vers la tranche supérieure, les États du Maghreb semblent pris dans une trajectoire de croissance modérée, insuffisante pour entraîner une amélioration significative du niveau de vie. Le Maroc, malgré des secteurs exportateurs dynamiques (automobile, agriculture, phosphates), plafonne autour de 3 800 dollars de RNB/habitant, selon les estimations 2024. En Tunisie, les crises politiques et la dépendance énergétique pèsent sur une économie en ralentissement, avec un RNB par habitant estimé à 3 600 dollars. L’Algérie, toujours dépendante des hydrocarbures, oscille autour de 3 900 dollars, sans diversification marquée.
Les performances régionales contrastent avec la montée de certains pays africains comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, qui, bien que partant de plus bas, affichent des taux de croissance du revenu plus soutenus.
Pour les économistes de la Banque mondiale, cette stagnation du revenu par habitant au Maghreb révèle des limites structurelles : faible productivité, gouvernance inégale, faible intégration régionale et un secteur privé peu dynamique. À cela s’ajoutent les défis liés à l’emploi des jeunes, à la transformation digitale incomplète et à une transition énergétique encore embryonnaire.
MK/ac/Sf/APA







