La Présidence malgache a dénoncé une tentative de coup d’État, alors que l’armée s’installe.
La Présidence de la République de Madagascar a condamné mardi « une tentative manifeste de coup d’État » après l’irruption de militaires au Palais d’Ambohitsorohitra et la déclaration d’un « conseil militaire » se présentant comme la nouvelle autorité suprême du pays.
Dans un communiqué, la Présidence dénonce « une atteinte grave à la légalité républicaine » et rappelle que « Madagascar est un État de droit régi par la Constitution », soulignant qu’« aucun pouvoir ne saurait s’acquérir par la force ou en dehors des règles constitutionnelles ».
Selon le texte, ces agissements constituent « une violation flagrante de la Constitution, des principes démocratiques et du serment des forces armées de protéger la Nation et ses institutions légitimes ».
Le Président dit rester en fonction
Le communiqué précise que le chef de l’État, Andry Rajoelina, « demeure pleinement en fonction » et « veille au maintien de l’ordre constitutionnel et de la stabilité nationale ». La Présidence affirme que « la République ne saurait être prise en otage par la force » et que « la Nation reste unie autour de la Constitution, seul repère légitime du peuple malgache ».
Une dissolution annoncée avant la vacance du pouvoir
Ces événements surviennent dans un contexte de forte tension institutionnelle. Le même jour, un peu plus tôt, le Président Rajoelina avait annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, alors que celle-ci s’apprêtait à examiner une motion d’empêchement. Peu après cette décision, les députés ont maintenu leur séance et constaté la vacance du pouvoir, estimant que le chef de l’État avait quitté le pays pour des raisons de sécurité.
Sur les 131 députés présents, 130 ont voté la destitution du Président, un seul s’étant abstenu. Des élus du groupe parlementaire IRMAR figuraient parmi les votants.
Le décret de dissolution contesté
Le vice-président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a dénoncé le décret de dissolution comme « dépourvu de valeur juridique », évoquant « l’absence de signature et de cachet officiel » du Président. Il a ajouté que le président de l’Assemblée n’avait ni été consulté ni informé au préalable.
Annonce du Conseil de Défense Nationale de Transition
Quelques instants après le constat de vacance du pouvoir par l’Assemblée, l’armée a annoncé avoir pris le contrôle du pays. Le colonel Michaël Randrianirina a proclamé la mise en place du Conseil de Défense Nationale de Transition (CDNT), organe créé par le Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques (Capsat) pour diriger Madagascar durant une période transitoire annoncée ce jour.
Selon le colonel, le CDNT exercera les prérogatives présidentielles aux côtés d’un gouvernement de transition, de l’Assemblée nationale maintenue en fonction et d’une Haute Cour pour la Rénovation. La Constitution du 11 décembre 2010 ainsi que plusieurs institutions – notamment le Sénat, la Haute Cour constitutionnelle (HCC), la CENI, la HCJ et le HCDDED – sont suspendus.
Le colonel Randrianirina a précisé que cette transition, d’une durée maximale de deux ans, vise à rétablir la stabilité et à permettre un « retour à la légalité républicaine », avant l’organisation d’un référendum constitutionnel et d’élections générales.
AC/Sf/APA







